Dion, LV
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quHl avait nommés, ne les laissait pas partir. Toute sa pensée était de dissimuler le mal,traitant les maladies de Tempire comme la sienne propre, craignant surtout de donner trop de crédit à un homme, s'il lui permettait de faire la guerre*.
Cette apathie , du reste , était celle de tous. Par moments, Tibère se plaignait que les hommes les plus capa< blés refusassent le commandement des armées, qu'il fût obligé de descendre à des prières pour trouver des consulaires qui voulussent accepter les gouvernements. Il est vrai que lui-même ne donnait pas de tribuns aux légions, et qu'Arruntius, nommé depuis dix ans pour aller en Espagne, était depuix dix ans retenu par une accusation ^ Mais qui eût reproché à Tibère sa négligence ? Chacun étant occupé de son danger à Rome, qui eût pensé aux dangers lointains ?
Lorsqu^eut lieu la révolte de Sacrovir (an 20 ) , qui souleva deux des nations gauloises, le bruit se répandit que soixante-quatre des peuples de la Gaule étaient en révolte, que les Germains avaient été appelés à faire alliance avec eux, que l'Espagne était douteuse. Ces bruits étaient faux ; mais le présent était si triste, il y avsût un tel désir de tout changement, que bien des gens s'en réjouissaient : « Il s'était donc trouvé , disaient-ils , des hommes qui venaient, par les armes et la guerre, interrompre la sanguinaire correspondance de Tibère et de ses délateurs^!»
C'est une chose étonnante que la faiblesse de ce pouvoir
1. Dissimulante Tiberio damna, ne ciii bellnm permitteret; nec senatùs iu 00 cura, si imperii extrema doslionestarpulur; pavor interana occiipaverat aniroos. (Tacite, Annai,, IV, lit.]