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I. Taoete, quibiM IUlia nareica

46 JULES CÉSAJl.

deux siècles^ n'est tout à fait sans ambitieuses espérances ; ni la noblesse et le sénat ne sont sans inquiétude sur la rivalité des chevaliers ; la, plebs rustica mourante dans les campagnes, la plebs urbanay accumulée dans Rome, demandent des lois agraires ; l'Italie demande le droit de cité : telles sont les questions qui nous mènent jusqu'aux dernières années de la république, — Bès le temps des Gracques (ans6l9-632),ces intérêts divers sont en présence. C'est au secours de la. plebs rustica que veulent d'abord venir les Gracques ; les Gracques sont des Romains qui prétendent relever le citoyen romain , mais par des moyens que l'ancienne Rome n'eût pas admis ; de plus la plebs rustica^ absente du Forum, ne peut ni se défendre, ni soutenir ses patrons : les Gracques cherchent à lui donner pour appui tantût les chevaliers, tantôt la plebs urbana^ tantôt l'Italie ; difficiles et dangereuses alliances ! En servant les uns, ils offensent les autres ; leurs actes se contredisent, la plebs rmiica seule reste leur alliée fidèle, et ils périssent. — Saturninus (6S4) embrasse la cause de l'Italie ; mais les chevaliers, les riches qui ont dépossédé l'Italie, craignent sa vengeance si elle devient citoyenne, et Saturninus meurt comme les Gracques. — La puissance des chevaliers, accrue par ce sanglant triomphe, inquiète le sénat; Drusus (661), profitant de cette terreur, veut vaincre et par le sénat et par l'Italie; mais le sénat est vaincu par les chevaUers, et Drusus meurt : c'est le quatrième tribun immolé dans cette lutte de l'Italie contre l'oligarchie financière de Rome. Fa.ibles avocats dont les cUents sont trop éloignés d'eux, ils ont voulu en vain s'appuyer sur la plebs urbana^ infidèle, capricieuse, indifférente. — Lasse de cette guerre parlementaire où sa défaite est certaine, l'Italie prend les armes et entreprend ce qu'on a appelé la guerre sociale. Elle est

vaincue sur le champ de bataille ; mais sa défaite a coûté si cher qu'au même moment elle gagne sa cause au Forum : la plus grande partie des peuples italiques est ad* mise à la cité romaine (Loi Julia, 662 ; d'autres lois, 663) ; bienXiait illusoire qu'une argutie légale leur enlève un instant : accumulés dans la dernière tribu, les italiens ne donnent qu'un vote inutile et qui ne sera môme pas compté. — Le combat recommence donc (666) par les motions du tribun Sulpitius Rufus; mais cette fois ce sera le combat par la lance et par l'épée ; ce qui ne s'était jamais vu , les légions interviennent dans les révolutions politiques, et Rome est prise par une armée romaine. Dans les guerres civiles qui commencent aujourd'hui^ Marius, perfide ami, ennemi atroce, ne secourt personne, ne soutient personne, meurt ivrogne, et son nom reste pourtant le drapeau du parti italien. — En face de lui se présente un homme cruel (672), mais d'un génie supérieur; dans cette complication d'intérêts, Sylla ne connaît qu'une seule cause à défendre, celle du sénat et de la vieille Rome. Lui, du moins, a une politique; il frappe les chevaliers par ses proscriptions; U enlève à l'Italie son droit de cité ou plutôt le noie dans le sang, il dévaste l'Ëtrurie, livre le Samnium tout entier au fer du soldat, disant que Rome ne sera pas en sûreté tant qu'il existera quelques Samnites à portée de se réunir. Quant à la plebs urbana , il lui interdit les comices par tribus, la forme d'assemblée essentiellement plébéienne, il abaisse le tribunat, il prétend relever la cité antique et patricienne. Mais ce n'est pas assez : remontant à la source du mal, il veut remanier la propriété comme il a remanié le pouvoir; dans ces immenses domaines qu'ont laissés vides les proscriptions , il installe les soldats de vingt* trois légions (environ 140,000 hommes), il leur donne

des terres, il veut greffer de nouveau sur cette Italie sanglante la vieille race plébéienne et militaire ; il leur interdit d'étendre leurs possessions , il leur interdit de vendre ; il voudrait sauver la 'république du fléau de la concentration des biens ^

Mais les œuvres de violence ne durent pas; Sylla n'était pas mort (674) que l'Italie reprenait son droit de cité. Cicéron, plaidant pour une femme d'Ârezzo, osait &ire prononcer que la loi de Sylla, en ôtant à des citoyens romains leur caractère, violait le droit nature et ne devait pas être observée. Yolterra à laquelle Sylla avait voulu ôter son droit de cité, l'avait maintenu les armes à la

main

En même temps, la plebs urbana réclamait le tribunat ; il fallut, au bout de quelques années (679 et 684), que le sénat le lui rendit avec tous ses privilèges. La propriété nouvelle fondée par Sylla ne dura pas davantage ; ses légionnaires, qu'il avait ramenés chargés de l'or de Mithridate, ne tinrent pas contre la rage du luxe ; ils voulurent avoir esclaves, litières, maison à Rome ; ils s'endettèrent, éludèrent, ce qui est toiqours facile, la loi de leur fondateur , vendirent leurs terres à vil prix ^, et enrichirent cette oligarchie financière que Sylla avait prétendu combattre.

Il se trouva donc que Sylla n'avait porté remède à rien. Les chevaliers qu'il avait proscrits furent après lui plus puissants que Jamais *; la propriété qu'il avait voulu re-

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