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HISTOIRE DU ROI AGRIPPA

(Note de la page 311.)

' L'extrait suivant de Josèphe me parait peindre assez bien la cour de Tibère et la vie de ces princes à la suite , qui s'attachaient à la maison des Césars. On voit par les dangers que courut Agrippa qu'ils n'étaient nullement à l'abri des rigueurs impériales, pas {dus que s'ils eussent eu l'honneur d'être sénateurs romains. Ainsi, sous Tibère, périt Tigrane , ancien roi d^Arménie (Tac. , Ann. YI, 40) ; sous Caligula , un Ptolémée son coumn , roi d'Afrique (Suét., m CàL, â6. — Dion, LIX. — Senec., de Tranq. animiy 11.) Mithridate, roi d'Arménie, fut emprisonné, puis exilé sous le môme prince (Senec, ihid. Tacite, j4nn. XI, 9.

J'emprunte la vieille et naïve traduction d'Arnaud d'Andilly.

APPMNDICE. 375

or Un peu avant la mort d'Hérode le Grand, Agrippa, eon petit-fils ^t âbd'Aristobule, était allé à Borne; et conuBe il mangeait souvent avec Drusus, fils de l'empereur Tibère y il s'insinua dans son amitié et se mit aussi fort bien dans Tespril d'Antonia, femme de Drusus frère de Tibère, et mère de Qeft^ manicus, et de Claudius, qui fut depuis empereur, par le moyen de Bérénice sa mère, pour qui elle avait une affection et une estime particulières. Quoique Agrippa fût de son naturel trèfr4ibéral, il n'osa le faire paraître du vivant de sa mère, de peur d'encourir son indignation; msds, aussitôt qu'elle fut morte et qu'il n'y eut plus rien qui le retint, il fit de si grandes dépenses en festins et en libéralités excessives, principalemeiit aux afiranchis de César dont il voulait gagner l'affectian, qu'il se trouva accablé de ses créanciers, sans pouvoir les satisfaire ; et le jeune Drusus étant mort en ce môme temps, Tibère défendit à tous ceux que ce prince avait aimés de se pcésatàeT devant lui , parce que leur présence renouvelait sa douleur.

« Ainsi, Agrippa fut contraint de retourner en Judée, et bi honte de se voir en cet état l'obligea de se retira dans le ebirteau de Malatha en Idumée , pour y passer miséraUement sa vie. Cypros, sa femme, fit ce qu'elle put pour le détoiumer de ce dessein, et écrivit à Hérodiade, sœur d' Agrippa, qui avait épousé Hérode le Tétrarque, pour la conjurer de l'assister, comme die faisait de son côté, autant qu'elle pouvait, quoiqu'elle eût beaucoup moins de bien qu'elle. Hérode et Héro*diade envoyèrent ensuite quérir Agrippa, et lui donnèrent uae certaine somme avec la principale magistrature de Tibériade poiu* pouvoir subsister avec qudque honneur dans eette ville.. Quoique cela ne suffit pas pour contenter Agrippa, Hérode se refiroidit si fort poiu* lui, qu'il perdit la volonté de continuer à l'obliger. Et un jour, après avrâr un peu trop bu dans un featm où ils se trouvèrent ensemble dans Tyr, il lui reprocha sa pauvreté et le bien qu'il lui faisait.

« Agrippa, ne pouvant souffrir un si grand outrage, alla trouver Flaccus, gouverneur de Syrie,. qui avait été eonjBul et.

avec qui il avait fait amitié dans Borne. Il le reçut très^bien ; et il avait dès auparavant reçu de môme Aristobule, frère d'Agrippa, sans que l'inimitié qui était entre ces deux frère» l'empfidiât de témoigner également son affection à Tun et à Tautre. Mais Aristobule continua de telle sorte dans sa haine, qu'il n'eut point de repos jusqu'à ce qu'il eût donné à Flaccus de l'aversion pour Agrippa; ce qui arriva par l'occasion que je vais dire. Ceux de Damas étant entrés en contestation avec ceux de Sydon touchant leurs Umites, et cette affaire devant être jugée par Flaccus, ils offrirent une grande somme à Agrippa qui promit de faire tout ce qu'il pourrait pour les assister de son crédit Aristobule le découvrit et en instruisit Flaocus, qui se convainquit de la vérité du fait, et Agrippa disgracié fut obligé de se i^tirer à Ptolémaîde, où n'ayant pas de quoi vi>^i», il résolut de s'en retourner en Italie. Mcds comme l'argent lui manquait, il dit h Marcias, son affranchi , de faire tout œ qu'il pourrait pour en emprunter. Cet homme alla trouver Protus, affranchi de Bérénice, mère d'A grippa, qui, l'ayant recommandé par son testament à Antonia, avait été cause qu'elle l'avait reçu à son service, et le pria de lui vouloir prêter ÔB l'argent sur son obligation. Protus lui répondit qu'Agrippa lui en devait déjà; et ainsi, ayant tiré de lui une obligation de 20,000 drachmes attiques, il ne lui en donna que 47,500 et retint les 2,500 restant, sans qu'Agrippa s'y pût opposer. Après avoir touché cette somme, il s'en alla à Anthédon, ou ayant rencontré un vaisseau, il se préparait à continuer son voyage , ICHTsque Hérennius Capito, qui avait dans Jamnia l'intendance des afihires, envoya des gens de guerre pour lui fhire payer 300,000 pièces d'argent qu'on lui avait prêtées du trésor de Pempereiu*, durant qu'il était à Bome. Agrippa les assura qu'il ne manquerait pas d'y satisfaire, mais, aussitôt que la nuit fut venue, il fit lever l'ancre et prit la route d'Alexandrie. Quand il y fût arrivé, il pria Alexandre, qui en était alabarche, de lui prêter 200,000 pièces d'argent. A quoi il répondit qu'il ne les lui prêterait pas, mais qu'il les prêterait à Gypros sa

femmey demi il admirait la vertu et Tamour pour son mari. Aiuai, eUe fut sa cautiaD, et Alexandre lui donna cinq talents avec assuwice d^ lui faire payer le^reste à Puteoles , ne jugeant pas à propos de lui donner à Theure mtene, à cause de sa prodigalité. Et alors Cypros, voyant que rien ne pouvait {dus empêcher son mari de passer en Italie, s'en retourna par terre en Judée avec ses enfants.

a Quand Agrippa fut arrivé à Puteoles, il écrivit à Fempereur a(ûrs à Caprée, qu'il était venu pour lui rendre ses devoirs, et qu'il le suppliait d'agréer qu'il l'allât trouver. Tibère aussitôt lui répondit qu'il pouvait venir quand il voudrait. L'empereur le reçut très^avorablement; il l'embrassa et le fit loger dans son palais ; mais, dès le lendemain, il fut informé par Hérennius du refus qu'Agrippa avait fait de payer ^sa dette, et Tibère, violemment courroucé, défendit qu'on le laissât approcher de sa personne, avant qu'il se fût acquitté envers le trésor. Agrippa, sans s'étonner de cette colère, pria Antonia de lui vouloir prêter cette somme, afin de l'empêcher de perdre les bonnes grâces de César. Cette princesse, qui conservait toujours le souvenir dé l'affection qu'elle avait portée à Bérénice, mère d' Agrippa, et de ce qu'il avait été nourri auprès de Claudius, son fils, lui accorda cette grftce. Ainsi il regagna la &veur de Tibère, qui lui ordonna de prendre soin de Tibère Néron, son petit-fils, fils de Drusus, et de veiller sur ses actions ; mais le désir qu'avait Agrippa de reconnaître les faveurs dont il était redevable à Antonia, fit qu'au lieu de satisfaire en eela au désir de l'empereur, il s'attacha d'afTection auprès de Caîus, surnommé Caligula, petit-fils de cette princesse, qui était aimée et honorée de tout le monde, à cause de la mémoire de Germanicus son fils; et ayant emprunté 1,000,000 de pièces d'argent d'un affranchi d'Auguste, nommé AIlus , qui éfaiit de Samarie, il rendit & Antonia ce qu'elle hii avait prêté.

« Ayant donc gagné les bonnes grâces de Cafus, un jour qu'il était dans son chariot avec lui, ils tombèrent sur le diseours de Tibère, et Agrippa ayant témoigné le désir de voir

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