‹ Les CésarsChapitre 159 sur 321 · RUE CASSETTE · texte numérisé non relu

RUE CASSETTE

Tuui droiu rcttirve»

§ I". — Catus Cœsar. — son gouvernement a roue.

Calus César * (Caligula était un sobriquet qu'en son bon temps il eût été dangereux de lui donner) ^ restait seul des fils de Germanicus. Un rare talent pour se plier, une obséquiosité habile, quoique sans bornes, lui avaient fait trouver gr&ce. Ni la condamnation de sa mère, ni l'exil de ses frères, ne lui avaient seulement arraché un cri de douleur.

1. Gai us Csesar, ftls de Germanicus et d'Agrippine, né le 31 août 12, à Antium. — Son enfance se passe dans Les oamps, d'où lui vient le surnom de Caligula.— En Syrie avec son père en 17, — confié après la proscription de sa mère (29) à son arrière-grand 'mère Livie; puis, elle morte, à sa grand'mère Antonia,^ pontife, 31,— questeur, 33 ;— prend la toge virile à Gaprée,déjà Agé de 21 ans, — empereur et revêtu de la puissance tribunitienue après la mort de Tibère, le 16 mars 37,— consul en 87, 39, 40, 41 ,— tué le 2i janvier 41 .

Ses femmes: Junia Claudia Silana, morte (36).

Livia Orestilla, enlevée & C. Pison le jour môme où elle répousait (37), puis ayant deux mois répudiée et exilée.

Lollia Paulina, enlevée à son mari G. Memmius (38^ et répudiée peu après

Caesonia (39), tuée avec Galigula; elle seule eut une enfant, Julia Drusilia, tuée à l'âge d'un an.

t. Seuec., de Constantiâ sapientù, 18; Tacite, AnnaL, I, i\, 69.

rALIGULA.

On a dit de lui que jamais il n'y eut meilleur serviteur, ni plus mauvais maître ^ Il sauvait en s'anaulant sa dangereuse origine ; il apprenait le chant et la danse du théâtre, se passionnait pour le jeu, se déguisait la nuit, en robe longue et en perruque, pour courir les rendez-vous amoureux : il s'avilissait pour ne pas se perdre. Il était allé jusqu'à séduire la femme de Macron, le confident de Tibère , et lui promettre mariage par écrit et par serment, s'il devenait empereur ; promesse dont il se libéra depuis en la faisant mourir ^.

Cependant Tibère, sagace comme il était, Tavait pénétré ; il le voyait assister par goût aux supplices : a C'est un serpent, disait-il, que je nourris pour le genre humain ^ » Tibère le détestait, il eût bien voulu lui préférer son propre petit-fils, le jeune Tibère; mais ce jeune homme était bien peu mûr. Il se contenta de l'associer à Caïus, communauté inégale où la part du lion allait être bientôt faite.

Malgré tant de mauvaises qualités, Catus était aimé ; il avait pour lui le peuple, il $vait pour lui les soldats au milieu desquels s'était passée son enfance, avec qui il avait tout enfant porté la guêtre militaire [caliga^ d'où son surnom Caligula ^ ) ; il était fils de Germanicus : et surtout il succédait à Tibère. A peine était-il en marche pour conduire les funérailles du vieux César (mars 37), qu^au milieu des autels, des victimes, des flambeaux, des habits de deuil, la joie du peuple éclata autour de lui, l'appelant

\. Immanem animiim subdolA modestiâ topions, non damnatione malris. non oxilio fralnim niptA voce. (Tacite, ihid., VI, 20.) T. aussi V, !; VI, 9.

2. Siiet., in Cafig., M, 12; Dion. LVIIl, L!X; Phil.. de Legaf,; TaciU*, biif,, VI, 45.

a Tacilo, i4?ïwfl/., VI, 40; Suel., m Cafig. ^ 11.

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