‹ Les CésarsChapitre 160 sur 321 · Suel., ihitf · texte numérisé non relu

Suel., ihitf

son astre^ son nourrisson^ son petit poulet *. Arrivé à Rome, il fit l'éloge de Tibère, sans presque en rien dire, mais cependant pleurant beaucoup : il avait sans doute le don des larmes. Il oublia néanmoins, et le sénat oublia aussi, qu'il avait écrit de Misène pour faire accorder les honneurs divins à son prédécesseur; il n'en fut pas question autrement.

Tibère était à peine enterré, qu'il s'agit de casser son testament; tout redoutable qu'ait été un prince, il se trouve toujours quelque sénat, parlement ou assemblée, pour casser son testament avant que sa cendre soit refroidie. Le sénat, si humble et si nul sous Tibère, devenait tout-puissant pour le seul fait de rompre ses dernières volontés. Il s'agissait d'exclure le jeune Tibère, que son aïeul avait associé à l'empire. Cela se fit avec grande joie, au milieu du sénat, des chevaliers, du peuple, car tout le inonde avait forcé les portes de la curie ; Caïus fut déclaré seul souverain, maître absolu.

Rien ne portait à la modestie comme cette déclaration. Caïus, ainsi que ses prédécesseurs, fut pris d'une rage de modération et d'humilité ; il fit un discours tout populaire, ne voulut point de titres souverains, rendit leurs droits aux exilés ; paya au peuple les legs de Tibère quoiqu'il eût fait casser le testament de Tibère ; paya au peuple les legs de Livie que Tibère avait gardés pour lui ; y ajouta 75 deniers pour chaque citoyen pauvre ; brûla les archives criminelles de Tibère , qui pouvaient donner lieu en sens contraire à bien des accusations, jurant qu'il n'en avait rien lu ni parcouru ( on dit qu'il n'en brûlait qu'une copie ) j permit de lire les écrits que Tibère avait fait de-

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