‹ Les CésarsChapitre 164 sur 321 · Suet., in Calig · texte numérisé non relu

Suet., in Calig

2. H pi' àvxtis*, Ti i^iû ai. (Homère); Senec., de Ira., 1, IC.

là, prêtez roreille, vous ouïrez la conversation de Jupiter Latialis et de Jupiter CapitoUu ; le Capitoliu est un peu muet, mais en revanche l'autre parle, chuchote, interroge, attend les réponses, se fà^he, élève la voix : «Je te renverrai, lui dit-il, au pays des Grecs ; )» puis il se laisse toucher, ne menace plus, consent à vivre d'accord avec son confrère, et, pour se rapprocher de lui, joint le Capitôle au mont Palatin par un pont qui passe au-dessus du temple d'Auguste ^ »

Lorsqu'il lui naquit une fille, petite enfant dans laquelle il se reconnaissait àsa férocité précoce, il la promenad'abord chez tous les dieux, puis enfin il la porte chez Minerve^ la lui mit siu" les genoux, et fit la déesse sa gouvernante. A la mort de sa sœur Drusille (38), il créa déesse cette femme infâme ^, il ordonna qu'on ne jurerait que par elle ; cela ne lui suffit pas, il voulut encore qu'elle fût montée au ciel, et il trouva, selon Tusage, pour un million de sesterces^ un sénateur qui jura par tous les serments possibles avoir vu Drusille en chemin pour TOlympe.

Dans sa douleur pourtant, il partit de Rome à la hâte, courut toute l'Italie, alla donner des jeux en Sicile ; mais la fumée de l'Etna lui fit si grand'peur, qu'au milieu de la nuit il s'enfuit de Messine. Rome cependant portait le deuil de Drusille. Ce deuil était sévère ; on ne pouvait, sons peine de mort, ni rire, ni se baigner, ni souper avec ses enfants ou sa femme. CaXus, revenu en courant comme il était parti, ayant de plus une longue barbe et des cheveux en désordre, posait aux Romains un étrange dilemme : à qui se réjouissait, il disait : a Qui peut se réjouir lorsque

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