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Senec, Consolaiio ad Polybium, 3fi; Suel., in Calig

SON OOUVERNËMBNT A ROME. 17

eBt malheureusement difficile de ne pas reconnaître dans quelques &mes un certain goût du sang, une manie féroce, un amour gratuit du meurtre, indépendant de toute idée de crainte, d'intérêt ou de vengeance. Caligula jetant aux bêtes féroces les gladiateurs vieux et infirmes, n\arquant sur la liste de ses prisonniers ceux qui devaient être égorgés pour nourrir les bêtes du cirque lorsque la viande était trop chère, introduisant dans les supplices une recherche de tortures longtemps étrangère aux mœurs romaines ^ ; Caligula faisant assaut au fleuret contre un gladiateur, et quand celui-ci se fut laissé tomber comme vaincu, le perçant d'un poignard ; dans un sacrifice, revêtu de l'habit sacerdotal, prêta immoler la victime, laissant tomber la hache sur la tête du victimaire debout auprès de lui ; faisant frapper ses condamnés à petits coups, afin, disait-il, qu'ils se sentissent mourir ; dans ses orgies, se donnant pour spectacle la torture, ayant là toujours un bourreau tout prêt pour décapiter ; caressant le cou de sa maîtresse, et ajoutant : <c Cette belle tête pourtant, je n'ai qu'à dire un mot, et elle tombera' : » qu'est-ce que cela, si ce n'est l'amour et le besoin du sang ?

Aussi était-il merveilleusement ingénieux à trouver des criminels. Nous parlions tout à l'heure du deuil de Drusille. L'anniversaire de la bataille d'Actium lui fournit un pareil dilemme : par sa mère il descendait d'Auguste , par sa grand'mère, d'Antoine ; il était petit-fils du vaincu et du vainqueur: «Que les consuls fassent la fête, disait-il le matin à ses amis, ou qu'ils ne la fassent pas, ils seront toujours coupables. » Les consuls firent la fête ; il furent

i. Seneo., de Ird., III^ 18^ 19, 20; de TranquilHtate animi, 14; Suet., m Calig.y tl, 32. Diou.

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