‹ Les CésarsChapitre 167 sur 321 · Suet., m Caiig · texte numérisé non relu

Suet., m Caiig

i8 CALIGULA.

d^Pfis^sf ^ J9Vr mépjie, les vergQ? 4ç l^r? licteuv^ rowpui» so^§ IfiujfSi yçux. ï^'ui^ d'eux se tu^ de cl^agrin.

C^i^ se souvipt mssii de ceux qi4, pendant sa miAadie, ^vaient voué leur yî^ pour la sienne ; il le^ prit aiji mqt, fit çQD^battre l'un çQX{\ve des gladiateurs et eut gr^o^id'pewfit à lui faii^^ gr4ce aprèi^ sa victoire ; fit pro^le^el^ up «utpe ^mme une victime avec ^es band^eliettes çt la yery«i4àe, ^t le fit jeter dans un précipice. Sa cruauté était fs^^tiçu^ : tqus l^s dix jours, il marquait sur la liste ^es pirisoi^nierss ceux qu'il voulait faire périr (la pi^océdure ét§i1i simplifiée, pn le voit, il ne fallait plus t£^t de forx](\alités pour ti^er un hçimme) ; il appelait cela apurer ses comptes.

Il se rappela enfin que près de i^ome, sur les bor4s du lac de Némi , il y avait un ce^^n temple et un certain prêtre, ou, comme on disait, un certain roi, consacré k 1» sanguinaire Diane Taurique. La tradition antique faisait de cette royauté le prix d'un combat sanglant; tout compétiteur audacieux pouvait venir provoquer le roi régnant, Iq tuer et prendre sa place. C'était la tradition des temps barbares; mais des siècles plus policés Tavaienlj li^is^ tomber en désuétude, et le roi en exercice vieillissait paisiblement sur son trône sacerdotal. Caligula se h&ta 4e réveiller la bonne tradition des siècles passés, envoya un compétiteur plus jeune et plus vigoureux, et le pauyrQ ro^ de Némi périt victime de cette fantaisie du maître *.

U n'aimait pas seulement à tuer, mais à torturer. Sei^,^que qui fut témoin de son règne, nous peint des cb^yaliérs, des fils de consulaires, des sénateurs, des matrones., i^ouettés, torturés, puis enfin décapités, en çrésenqe^ (j^ autres sénateurs et de Tempereur lui-même, dans ses jar-

i. Suet.^ tjs Coi., 35. Sur cette royauté de Némi^ voyez Str&bon^ V^ 2 ; Ovide, Fastes^ III, 270.

SON GOUVERNBMBNT A ROME. 19

diM, la nuit, aux flambeaux ; l'empefenr an mllimi de cette Ute, se promenant en pantoufles, et quand les ofiB de6 victimes lui étaient désagréables, les faisant bâillonner Atéc une éponge ; s'il ne se trouvait pas d'époilge , frVM les lambeaux de leurs vêtements ^

Plus d'une fois il fit assister les pèfres à la mdft de leurs fils ; à ceux qui étaient malades il envoyait poliment ime litière pour qu'ils pussent venir, puis rentrés chez eux il envoyait des centurions leur donner la mort. Un autre, invité par l'empereur à venir ce soir^à souper à sa taMe, n'osa refuser, parce cpi'il lui restait encore un fib. Galas le diargea de parfums et de couronnes, lui envoya sa coupe pleine de vin, l'accabla de ces marques de ^ie si décorantes pour sa douleur, et ne lui permit nràme poÉ^, ^ récompense de sa résignation , de recueillie les os de son enfant^.

Laissons la fatigante énumération de ces cruautés^ Il serait sans doute absurde de chercher quelque rakon politique dans la conduite de ce fou ; mais & trav^p» Mr felie il sentait l'état de la société sans le comprendre. Il sentait qu'il n'y avait en réalité que deux puissances dans l'empire, les soldats et le peuple, ou plutôt Ie& prétoriens et la canaille de Rome ; il trouvait facile de leur immoter les restes des deux puissances éteintes, le sénat et la noblesse. Ce que Tibère n'avait pas fait, Caligula appela le peuple au bénéfice de ses proscriptions ; il fit passer efù jeux et en largesses pour la populace, en libéralités' pour ses prétoriens, en liberté même pour les esclaves, les pan trimoines des condamnés, c'est-à-dire des hommes kfrplus riches. Un Gaulois qui le vit habillé en Jupiter, osa un jour

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