Pline, H. nat,, XXXIII
S. Mm, LK, p. OSd. doétoitf dit Bâkt, JMCphe MfâÈàf», ce (fiil éétitAi la difltMiOT déjè bien aflWff f^hbée.
véritable voie romaiBe sur le modèle de la voie Appia, construite en terre et en pierre^ aveo des auberges, ded lieux de repos, jusqu'à des ruisseaux d'eau fratehe pour boire. Tant de vaisseaux furent réunis là, quUl en manqua pour porter le blé à Rome ; et Rome^ qui ne vivait que déS blés étrangers^ prit son parii de mourir de faim pourvu que son maître galopât sur la mer ^
Il était là^ en e£Pet , accomplissant la prophétie de Thrasylle ; faisant d'abord des sacrifices, siûrtout à l'Envie, de peur, disait-il, que les dieux ne fussent jaloux de lui ; puis, sur un cheval caparaçonné, la couronne de chêne svtt la tête, tout armé, vêtu de la chlamyde d'or et d'une cuiraâse qu'il disait venir d'Alexandre, s'avançant sur le pont avec son armée derrière lui ; traversant le pont et allant coucher à Pouzzoles. Le lendemain, il revenait de Pouzzoles à Baules ; il retraversait le pont , en babil du cirque, sur un char traîné par les chevaux les plus cél^res dans les jeux; après lui, venaient les voitures de ses amis, les prétoriens, l'armée, le peuple. A moitié chemin, il nKmte sur un trdne, y prononce son propre panégyrique, récompense le^ compagnons de ses dangers. Ce pont passé et repasiM était pour lui une grande guerre accomplie.
Il resta là toute la journée et la nuit suivante. Ce devait être un beau spectacle : toute la côte, tout le pont, le^ bateaux dont la mer était couverte, portaient des flambeaux alhimés : partout on y faisait des festins. Mais le maître est rassasié, prenez garde, il va changer de plaisir : oc A la mer les convives, maintenant que la fête est finie ! Si quelques-uns cherchent à remonter sur les bateaux, à coup de rames repoussez-les à la mer ! i> Matheureusement pour
1. Il y a encore près de Pouzioles des débris d'nn m0le fORMiir que le peuple appelle pont de Galigula.
28 GAUGULA.
Calus la mer était calme^ la plupart se sauvèrent àlanage^ Telle était sa passion de l'étrange et de l'impossible.
Mais l'impossible était cher. Il fallait remuer les millions à la pelle, et les millions manquaient. Un seul repas, d'après Sénèque, avait coûté 1 million de sest. (266,600 fr.' ;) en un an les 2,700,000,000 de sest. (850,000,000 de fr.) de Tibère avaient disparu. Calus se sentait homme par ce côté-là, il n'était pas assez riche ^.
Les proscriptions redoublèrent ; c'était le bourreau et le suicide par ordre qui donnaient au fisc son meilleur revenu. Après avoir fait mourir Junius Prisons qu'il croyait riche et qui ne l'était pas : « II m'a trompé , disait Calus , il méritait de vivre. »
Un jour, en Gaule, il perdait au jeu, et n'avait pas d'argent : il n'en eut pas plus de peine à payer. 11 fit apporter les registres des contributions et abattit la tète des plus imposés. « Gagnez-moi maintenant quelques sesterces, dit-il aux joueurs, je viens de gagner des millions ! m
A Rome, il trouva de nouveaux prétextes pour condamner. 11 se souvint de la persécution dirigée par Séjan contre sa famille, persécution que, sous Tibère, il avût si héroïquement supportée, qu'à son avènement il avait si noblement renoncé à punir en brûlant les archives de Tibère. Dans sa tète ou dans son secrétaire, il retrouva la copie des fameuses archives ; il sut au moins ou se rappeler, ou deviner qui avait dénoncé, qui avait poursuivi, qui avait condamné sa mère ou ses frères : ce fut un large prétexte pour sa cruauté. Une autre fois il songea, pendant une nuit sans sommeil, à la félicité de ceux qu'il avait bannis : « Je
t. Dion, LIX, p. 682-664. Josèphe, Antiq,, XIX, 9; Snet., in CnKg.,\% 32, 37; Senec., de Brevitate vitœ, 18.