‹ Les CésarsChapitre 176 sur 321 · Dion, LIX · texte numérisé non relu

Dion, LIX

du cirqae, comédiens, courtisanes, deux rois même : CaXus emmène de tout avec lui. Il se met en route, étrange général, marchant tantôt si vite que ses cohortes ne peuvent le suivre et font porter leurs enseignes par des bétes de somme; tantôt lentement, paresseusement, porté par huit hommes dans une litière, envoyant devant lui le peuple des villes voisines pour balayer les chemins et jeter de Feau sur la pousssière des routes ^

Il passa le Rhin. Les ennemis manquaient ; les Germains étaient quelque part dans leurs forêts à pourchasser les ours ou les sangliers, et ne s'inquiétaient pas, les malheureux, d'aller se faire vaincre par Calus. 11 leur faisait poutant de terribles menaces, dont ils avaient la hardiesse de se moquer, jusqu'à un petit prince des Caninéfates qui prit impunément en plaisanterie ce grand effort du maître. Calus, il est vrai, avec son affectation d'énergie et de m&Ie vigueur, était, comme il arrive souvent, un poltron. Il venait de passer le Rhin ; il était au beau milieu de ses soldats, en voiture, dans un défilé, a Par les dieux ! s'avisa de dire quelqu'un, la confusion serait grande si l'ennemi venait à paraître. » Aussitôt voilà CaXus hors de voiture, montant à cheval, tournant bride. Il regagne le pont. Le pont était encombré de traînards, de goujats, de bagages. Calus poussé par la peur^ se fait porter de main en main, leur passe à tous au-dessus de la tète, et n'est tranquille que sur sa bonne terre des Gaules.

Mais ce n'était là qu'une fausse alerte ; l'ennemi se contentât de rire et ne venait pas. 11 fallait pourtant une victoire à Calus. Il avait, je ne sais d'où, quelques prisonniers ; il les fait cacher au delà du Rhin ; ils reviennent avec

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