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dont oo expliquait l'empire par des philtres qui auraient en même temps assujetti le cœur et égaré la raison du prince. C'était elle qu'il montrait à ses soldats , à cheval, portant le casque et la chlamyde ; c'est à elle qu'il disait, dans un accès d'amour sanguinaire : « Je mettrai le chevalet en œuvre pour tirer de toi-même la raison de cet étrange amour que j'ai pour toi. » Elle seule avait dompté cette nature de loup-cervier, nature cruelle et sauvage, sans être forte et persévérante. Après la mort de Calus, elle resta avec sa fille, couchée auprès du corps délaissé de son mari, toute couverte du sang de ses plaies, jusqu'à ce qu'on vint pour la tuer. Alors elle présenta sa gorge nue, demanda qu'on se hàtÀt, et mourut avec courage. ' Je n'affirmerai pas non plus que Calus ne fût point aimé d'une portion du peuple de Rome; nous avons vu lesincertitudes et les dissentiments de la foule rassemblée au thé&tre. Les largesses de Calus, la magnificence de ses spectacles, lui avaient fait des amis^ qui, après sa mort, et tant qu'il n'eut pas reçu les honneurs de la sépulture , ne manquèrent pas de voir des revenants dans les jardins de Lamia où il était déposé , et d*entendre des bruits effrayants dans la maison où il était mort*. Calus, après tout, n'avait que vingt-huit ans ; on l'avait aimé tout enfant comme fils de Germanicus : a laissez-le mûrir, » pensait peut-être le peuple, comme ces vieillards qui attendent patiemment au retour vers le bien le jeune homme qu'ils ont vu naître, tout en souffrant des folies de sa jeunesse. C'était un enfant gâté par la mauvaise éducation des Césars, blessé par la rigueur de Tibère, si fou, si inconséquent, si grandiose en certaines choses, si ridicule bouffon