‹ Les CésarsChapitre 185 sur 321 · Suel., in Claudio · texte numérisé non relu

Suel., in Claudio

Le bon Claude, d'ailleurs, manquait, pour se faire une réputation d*esprit, d'un grand point, la richesse. Le testament d'Auguste (et le testament d'un homme était la mesure officielle de son affection ou de son estime) ne lui légua que 800 sesterces (215 francs). 11 demanda à Tibère à être admis aâx honneurs : « Je t'ai envoyé, lui répondit Tibère, quarante écus d'or (1062 francs) pour fêter les saturnales '. D Sa maison brùïa, le sénat fit un décret pour l'indemniser; Tibère biffa le décret. Ce fut bien pis sous Caligula; Claude, à qui ce neveu-là faisait grand'peur, ne voulut pas être en reste d'adoration ; il offrit, pour devenir prêtre de César , huit millions de sesterces (2,125,000 francs) ; et comme il payait mal, le trésor mit son bien à la criée.

Enfin, c'était le plastron de cette cruelle famille. S'il arrivait trop tard pour le souper, il avait grand'peine, après avoir fait le tour de la table, à trouver où s'asseoir. Que sais-je? ces dignes Césars se permettaient des tours d'écoliers : s'il dormait après le repas, on lui jetait à la figure des noyaux d'olive ou de datte, on lui mettait des sandales aux mains, et au réveil, se frottant le visage, il était étonné d'avoir des gants si durs. 11 était livré aux bouffons qui le réveillaient à coups de fouet.

Il sentait pourtant quelque honte. Repoussé des honneurs, il alla vivre dans une villa des faubourgs de Rome, seul, caché, étudiant toujours. Un jour, Auguste, qui l'entendit déclamer^ fut tout étonné de trouver tant d*esprit à cette grosse bête. Claude devint helléniste, savant historien, profond antiquaire ; il écrivit, lut en public ; mais il avait du malheur : et un gros homme qui, au commencement

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