Suet., 34; Diou.^ p
ment gouvernée, ne se laisse entraîner par la faiblesse de son sexe, il lui est interdit de nouveau de prendre sur elle la dette d'autrui. — Un instinct de prudence, nécessaire, au milieu d'une société où le vice- et les fraudes abondaient, inspire toute cette législation : annulation de l'emprunt contracté par le fils de famille ( l'obligation souscrite du vivant du père ne peut pas être réclamée même après sa mort) ; — annulation du legs ou de la liberté accordée par testament, si c'est le légataire lui-même ou l'esclave favorisé qui a tenu la plume sous la dictée du testateur : et la clause n'est pas seulement nulle^ elle est réputée falsifiée ; le légataire n'est pas seulement déchu de son legs , il est condamné comme faussaire. -^ Puis enfin vient cette loi redoutable dont nous parlerons ailleurs, qui rend esclave la femme qui s'est unie à un esclave '.
1. Loi Claudia^ qui supprime la tutelle des agnaU pour les ffcmmes majeures. V. Gaïus, 1, 157, 171. Ulpien, RegtU., XI, 8.
S. G. Velieianum, sous le consulat de M. Siianus et de Velleius Tator, interdisant de donner suite à toute garantie par une femme de la dette d'autrui. Le texte de ce S. G. Dtg,, ad S. C. Velleian. (XVI, i.) Code Justin., eod. titulo (IV, 29.)
S. G. Macedonianum en 47, (ainsi nommé d'un usurier nommé Maoedo, dont les exactions amenèrent cette décision du sénat). V. le texte, Dig., ad S. CMacedon, (XIV, 6 ) Paul, Sentent,, II, 10. Tac, ilima/., XI, 13. Suet., in Vespas., H.
Édit de Glande qui ordonne de poursuivre, en vertu de la loi Cornelia contre les faussaires, ceux qui auront écrit sous la dictée du testateur une disposition qui leur est favorable. La nullité de cette disposition avait déjà été prononcée par un S. G. Libonianum, sous Auguste. Dtg., 15; ad Leg. Comel., de faîsis. (XLVIII, 10.) Code, de his qui sibi adscribunt in testant, (IX, 23.)
S. G. Glaudianum (an 53) contre la femme libre qui s'est unie à un esclave (K. ci-dessous).
S. G. Largianum (sous le consulat de Lupus et de Largus), règle la succession des afTranchis latins. Gaïus, III-68, 71.
S. G. (sous le consulat de Velleius Rufus et d'Ostorius Scapula, an 46; permet au père de famille d'assigner à tel ou tel de ses enfants le droit de patronage sur ses affranchis. F. le texte, Dig,, de libertis assignandù (XXXVIU, 4.) Institut, Just, eod tituL, (III, 8.)
A cette gloire du législateur, Claude voulut même ajouter celle du guerrier et du conquérant , et Rome , sous son règne , sinon sous sa conduite , accomplit une entreprise devant laquelle César lui-même avait reculé. Les peuples de la Grande-Bretagne s'étaient -ils énervés depuis un siècle? ou Rome , maltresse des côtes de la Gaule , et plus voisine d'eux, avait- elle appris les moyens de les vaincre? Toujoiu*s est- il que cette conquête que César n'avait pas même entamée, qu'Auguste, dans sa sagesse politique avait interdite à ses successeurs^ fut essayée et menée à fin sous un prince qui n'était ni politique ni soldat. Les discordes des peuples bretons, en jetant sur le sol de l'empire des exilés et des proscrits, fournirent et un prétexte et un encouragement à cette hasardeuse entreprise. Le sénat même^ dans sa recherche d'adulation pour Claude, le poussa involontairement dans les voies belliqueuses ; en lui décrétant ce qu'il appelait les ornements triomphaux, c'es1>-à« dire le rang de triomphateur sans avoir triomphé , il lui fit souhaiter le vrai triomphe. Mais cet Océan à traverser a ces Bretons séparés du reste de la terre, » épouvantaient de loin les soldats romains, comme les mers inconnues de l'Occident épouvantaient les matelots de Colomb. On eut peine à les faire partir; l'affranchi Narcisse, quand il voulut les haranguer du haut du tribunal, fut accueilli par des risées et renvoyé insolemment, lui ancien esclave vêtu de la pourpre, aux facéties des saturnales ^ Le départ eut lieu, néanmoins , sous les ordres d'un vrai et illustre général , Aulus Plautius. Trois flottes romaines , parties du rivage gaulois, débarquèrent sans résistance les légions sur trois points du sol breton (43). La guerre ne fut cepen-
1. lo Saturiialia! On Bail qu'aux Saturnales les esclaves mettaient les habits de leur maître, (ûion.)
dant ni sans fatigue ni sans péril dans ces contrées sauvages, où l'ennemi se cachait entre les marécages et les bois, où la cavalerie germaine était obli gée de traverser les fleu ves à la nage, sous les traits de l'ennemi ; Plautiu/s dut même demander à l'empereur de lui amener les renforts qu'il avait préparés, et Claude vint assister de sa personne aux dernières péripéties de cette guerre. Elle couronnait l'empereur présent et elle préparait un empereur futur ; car elle mit, pour la première fois, en lumière le soldat obscur qui fut depuis le César Yespasien. Le midi de la Bretagne jusqu'à la Tamise devenu province romaine ; im royaume ami fondé ou accru en dehors de cette province, pour être dans l'avenir l'instrument de conquêtes nouvelles; les honneurs de l'ovation (du petit triomphe) pour Plautius, lorsque, quatre ans après son départ (47), ce premier gouverneur romain de la Bretagne revint à Rome : tels furent quelquesuns des fruits de cette guerre.
Mais l'honneur officiel devait en revenir surtout à l'empereur qui rentrait dans Rome après six mois d'absence et seize jours seulement de séjour en Bretagne. Le titre d'miperatorhxi fut donné cinq fois dans la même campagne, contre l'usage qui était de ne le donner qu'une fois ; plus les trophées, les arcs de triomphe, les jeux annuels, que le sénat ne pouvait voter avec trop d'empressement; plus le privilège , réservé au guerrier qui avait agrandi l'empire, d'agrandir aussi l'enceinte légale de Rome *; plus le surnom de Britannicus (vainqueur des Bretons), pour lui et pour son fils, â.gé de deux ou trois ans ; et enfin ce triomphe qu^il avait tant souhaité, et qui fut magnifique. Pour ce grand jour, les gouverneurs de province eurent
1. Cet agnrandÎBsemenl du pomœrium u'eiit lieu cependant que queU
congé et purent à Rome s'ajouter aux courtisans du triomphateur ; quelques exilés mêmes furent autorisés à venir jouir de cette pompe ; une couronne navale apparut avec la couronne civique sur le faite de la maison Palatine, pour honorer le vainqueur de FOcéan. Messaline, en particulier^ reçut les hommages du sénat; le sénat lui décréta toutes les marques de respect qu'avait eues Livie , femme d'Auguste ; il voulut qu'elle suivit, dans la voiture propre aux matrones , le char du triomphateur , son époux . on affectait de l'honorer d'autant plus qu'elle était moins honoraUe ^
Enfin, pour rentrer dans Rome avec Claude, disons que dans Rome aussi, il se fit sous lui, comme sous quelques autres empereurs, de grandes choses. Si détestables et si ridicules qu'ils fussent, les Césars, travaillant la pierre, ont laissé quelques nobles traces de leur passage. Aussi bien,
ques années plus tard , en 49. Il est constaté par l'inscription suivante de l'an 49 : ^
Ti Clavdivs Drvsi F (ilius) Gaisar
AVO. GeBMAMICVS pont. MAX. TRIE. POT
VI III, IMP. ^TTI COS m CEN80R PP.
AVCTIS POPVLI ROMANI
FINIBVS POMKRIVM,
AMPLIA^IT TERMINAJIT .Q
Orelli 710.
(On voit là un exemple de lis* renversé à la place du V consonne.) L'addition faite au pomœrium ne fut autre que le Mont-Aventin, qui jusque là, quoique entouré de murailles, était en dehors de l'enceinte légale. Kotr Tacite, XII, 23, 24. Aulu-Gelle, XIII, 14. Sénèque , de BretntaU viiœ, 14.
1. K. sur cette guerre dion, p. 677-679. Suétone, 17, 24. Tacite, Âgric, i'Sy 14. Plusieurs médailles portant, avec la tête de Claude couronnés de lauriers, un arc de triomphe, et les mots : de britanniSj imper (atore] rbcbpt (o), PACi augustae; et enfin l'inscription mutilée de l'arc de triomphe (Orelli 714.) Cet arc de triomphe, construit sur la voie Flaminia (Corso], vers le lieu où est aujourd'hui le palais Sciarra, fut détruit ou plutôt achevé de détruire (car les régionnaires du iv« siècle n'en parlent déjà plus) eu 1527. Les monnaies fixent la date entre 46 et 48.
des monuments ne sont-ils pas im signe de civilisation ; les plus gigantesques datent des siècles qui ont eu beau* coup de captifs et d'esclaves. Les beaux et vrais monuments ne sont pas les pyramides de Chéops ou le colosse de Néron ; c'est le temple hébreu ou la cathédrale chrétienne, ceux qui sont bâtis, non par le* pouvoir, mais par la foi.
Tibère seul, chagrin et avare, laissa peu de monuments. Caligulane s'occupa guère que de son palais^ de son cirque et de ses jardins. Mais César, Auguste, Néron changèrent la face de Rome ; il est vrai que ce dernier commeilça par la brAler ou la laisser brûler, ce qui est un mode d'expropriation comme un autre.
Au rebours de Caligula , Claude ne s'occupa point du palais si ce n'est pour détruire les embellissements ou les agrandissements de Caligula : on ne pouvait mieux faire. Mais ailleurs il s'occupa de travaux vraiment grands et utiles, ce qui n'avait point été le fait de Caligula et ne fut pas non plus le fait dç tous les empereurs. — Hors d'Italie, il acheva une route de 320 milles (106 ou 107 lieues) du Pô au Danube, à travers les Alpes, jadis tracée par Drusus son père *. — Dans la Péninsule, il eut d'autres travaux à accomplir. Depuis que l'Italie, qui autrefois exportait du blé, ne sufGsait plus à sa propre nourriture, et que, selon le mot de Tacite^ la vie du peuple romain était confiée à la merci des vents et aux risques des navires, Jules César avait pensé à faire à l'embouchure du Tibre un port plus sûr que n'était celui d'Ostie. Claude reprit hardiment cette pensée, qui effrayait les architectes, creusa un port ; en avant de ce port, prolongea sur la mer deux puissantes jetées, éleva
1. Via Claudia Augusia, V. trois inscriptions des années 46 et 47. Orelli 648, 708. Henzcn, 5400.
au milieu une lie qui portait un phare; pour lui servir de base, il fit couler le navire qui avait apporté à Calus Tobélisque d'Egypte, ce navire, la plus merveilleuse chose, dit Pline, que la mer eût jamais vue. C'est ce lieu, en face d'Ostie, qui a gardé jusque dans les temps modernes le nom de Porto *.
Le blé arrivait donc à Rome par le Tibre, mais l'eau ne pouvait lui venir que du centre de Tltalio ; il fallait pour suffire à sa* consommation que les aqueducs lui apportassent une quantité d*eau égale à celle du fleuve. Claude aiîheva Taqueduc de Caïus ; en rétablit un autre que Caligula avait détruit ou détourné pour faire de la place i ses fantaisies d'amphithé&tre ^; alla chercher à quarante milles de distance des sources dans les Apennins ; amena l'Anio à un niveau plus élevé que celui des collines de Rome, le divisa en nombreux et superbes réservoirs ; et, ainsi, avec une dépense que Pline estime à S5 millions de sesterces (14,500,000 fr.), s^outa deux aqueducs nouveaux aux sept aqueducs que Rome possédait sous Auguste ^. Quatre cent soixante esclaves furent chargés de Tentretien
1. Portus Claudii appelé depuis Portus Trajani, Dion, LX, p. 672. Suet., tVi Ctoiirf., 20. Pline, Hwf., naf., XVI, 40. Suet., in Calig., îl; in Claud., 20.
Une ÎDsoription mentionne une route Valeria Qaudia , construite ou reconstruite par Claude et pour laquelle il avait édifié 43 ponts. (En l'an 49). — Orelli 711.