‹ Les CésarsChapitre 195 sur 321 · K. Tacite, Annal,, XI, 20; Suct., m Claud · texte numérisé non relu

K. Tacite, Annal,, XI, 20; Suct., m Claud

CENSURE DE CLAUDE. Itt?

Le patriciat avait été balayé. Sons Tépée des proscriptions républicaines, sons le glaive des exécutions impé-^ riales, sous la loi de décroissance quimenaeelesaristocraties exclusives, sa vie ne pouvait être de longue durée. Fondé par Romulus, disait-on, et par le premier Brutus, maintenu sans changement pendant des siècles, les guerres civiles l'avaientréduitàune cinquantaine de familles. César, chose inouïe jusqu'alors, avait fait des patriciens. Au bout de treize ans, Auguste avait été contraint d'en nommer d'autres, afin de pourvoir à certaines fonctions sacerdotales réservées encore aux seuls patriciens. Soixante-quinze ans après, dit Tacite, « des vieux patriciens de Romulus et de Brutus, il ne restait plus personne ; des patriciens nouveaux d'Auguste et de César, quelques familles à peine *. i» Claude fut obligé d'ajouter des noms nouveaux & cette liste sans cesse épuisée ^.

La noblesse et le sénat subissaient le même sort. Les sénateurs manquaient à la curie comme les patriciens aux sacerdoces. Les anciennes familles s'éteignaient, les non*» velles refusaient. Auguste, pour faire des sénateurs, avait déjà employé la menace ; Claude usa également de rigueur,

1. Loi Casaia, sous César. — Loi Sœnia (716 ou 725), soufl Auguste. V. Tacite, Armai., XI, 25. Denys d*HaIic., I, 85. Dion Gassius, LU, 42.

2. Vetustissimum quemque è senatu aut quibus parentes clari fuerant. . . adscivit Gaesar. (Tacite, Annal,, XI, 25.) Le père de l'empereur Othon fut de ce nombre.

Au nombre de ces patriciens fut encore P. Plautius Pulcher, flisdutriom* pbateur (de la Bretagne??), jadis compagnon de Dru8us,flls de Gerroanicus, oncle d'un fils de Claude (par sa soeur Plantia Urgulanilla, première femme de Claude), proconsul de Sicile. (Inscrip. de Tivoli, Orelli 723).

Une autre inscription de Tivoli est relative à un Tib. Piautius, fils de M. Silvanus iEmilianus, lieutenant et compagnon de César Claude en Bretagne, et qui depuis joua un grand rôle dans l'empire. Ibid., 750.

Le conquérant de la Bretagne, Aulus Plautius, fut le mari de Pomponia Grœcina, chrétienne et confesseur de la foi, ainsi qu'on a lieu de le croire, Tac., Annal,, XIII, 32. Suet., m Othone, 1.

Sur la diminution du nombre des patriciens, V. encore Niebuhr, t. II, .

ôta Tanneau de chevalier à ceux qui ne voulaient pas devenir sénateurs; et à un riche citoyen qui, pour échapper à cette grandeur redoutée, voulait s'établir à Carthage, il dit : a Je te mettrai une chaîne d'or aux pieds pour te retenir*. »

Il ne faut pas s*étonner de ce manque d'hommes. Toute cette noblesse se donnait la mort. Peut-être quelques graves sénateurs, quelques vieux généraux, de rares disciples desphilosophes, maintenaient-ils encore quelque chose de cette dignité romaine que, plus tard, sous Néron, Talliance du stoïcisme allait relever. Mais pour le reste, coudre deux doigts de pourpre à sa toge ; subir Tennuyeux cérémonial des licteurs et des faisceaux ; s'en aller dans les marais du Rhin, ou dans les neiges de THelvétie, risquer, contre les hardis Germains, ce corps délicat et blanc auquel tous les raffinements des thermes romains avaient peine à garder sa fraîcheur, semblait une triste vertu et une fausse gloire ^ ! Leur vertu était de monter sur la scène ; leur gloire, de danser au théâtre ; leur courage, de défier les gladiateurs ^. Si la dignité romaine gênait This-

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