Dion, LX, p. 672-684. Suet, m Claud
2. Segnis et oblita bellorum nobilitas, ignarus milituB eqaes, primor» senatûs longà pace desidea. (Tacite, HùL, l, 88.) Militares artea, per otium ignots ; indusiriosque aut ignavos pax in aequo tenet. (Tacite^ Ânnai,, XI I^ 12.)
3. Au temps de la république, jeux donnés par Scipion où ne combaUent que des bommes libres et des plus nobles. (Liv. XXVIII, 21.) — Sous César (708), un sénateur et un noble combattent sur l'arène; d'autres s'emploient à dresser des gladiateur^. (Suet., m Cœs., 26, 39. Dion, XLIII, 23)— Sous Auguste, des chevaliers romains servent comme acteurs ou gladiateurs, on autre au thé&tre. (Suet, m Aug., 43; m Nerone, 5. Dion, LUI, LIV. Horace, i Ep. XVIII, 36. Propert, IV, 8, v. 25.) Des femmes nobles y dansent aussi. {Ibid.) Un sénatus-consulte (736) interdit les jeux de gladiateurs aux fils et petits-fils des sénateurs, ainsi qu'aux chevaliers. (Dion, LIV. Suet., Ibid.) Ce sénatûs-consulte est révoqué à cause de son inefficacité (764) (Dion, LVI.)— Tibère et Caligula reprochent ces goûts aux chevaliers. (Dion, LVIL p. 611 Suet., in Calig., 30.) — Claude leur interdit le théâtre (41). (Dion, LX, p. 669.)— Nous en reparlerons plus tard sous Néron.
trioD, si la toge était embarrassante sur les épaules du glar diateur, Fhistrion secouait le Romain, le gladiateur rejetait la toge. Le fils de famille, afin d'être libre, s'arrangeait pour être dégradé ; suscitait contre lui-même un accusateur, faisait prononcer contre lui-même un jugement ignominieux^ afin que, dépouillé de la majesté du citoyen, et sans que l'édile y trouvât à redire ^ il pût prendre les leçons, grossir le cortège, adorer les pas, imiter les grimaces de Mnester le pantomime. La femme noble (tant sa propre dignité était devenue pesante à foute cette aristocratie !), sachant que les lois sur l'adultère atteignaient seulement les femmes d'un rang honorable, et que Rome, dans sa fierté vertueuse^ avait cru la prostitution suffisamment punie par le déshonneur ; la femme noble quittait sa stole blanche, abdiquait ses privilèges de matrone, et courait se faire inscrire sur les registres de l'édile'.
Et puis, lorsque , par des voluptés extravagantes , le patrimoine avait été consumé, ou bien encore, quand, par Tefiet d'une loi fatale qui appauvrissait les familles anciennes, le sénateur n'avait plus le capital de 1 ,200,000 sesterces (316,000 fr.) exigé par Auguste, quelle ressource lui restait-il? Faire lui-même justice de sa pauvreté, ne pas attendre la note du censeur^, quitter humblement la curie,
1. Suet., m Tiber,, 35. Tibère condamna pour ce fait à l'exil. K. Tacite, AnnaL l, 78.
2. « Ein cette année (an 19) ^ un sévère décret du sénat condamna la débauche des femmes; et la prostitution fut interdite à celles dont le père, l'aïeul ou le mari avait été chevalier romain. Car Vestilia, dont les ancêtres avaient exercé la préture, s'était fait inscrire sur les registres de l'édile, abnsant de cette ancienne coutume, qui croyait la débauche assez punie par la publicité de sa honte. » Tacite, Armai, II, 85. F. Suet., in Tiber., 35; Tertul., de Pallio.
3. « Claude alors loua dans son discours ceux qui, à cause de leur indigence, s'étaient volontairemenl retirés du sénat, et il raya ceux qui, en demeurant dans ce corps, avaient ajouté l'impudence à la pauvreté. » Taoite,
i 14) CLAUDE.
déchirer son laticlave, renoncer à sa place d'honneur an théâtre, vivre dans un faubourg, sans espérance, sans industrie possible? Ou bien encore, venir aux pieds de César, amener ses enfants sur le seuil de la curie, et supplier Tibère de le pensionner? Tibère alors, plus jaloux encore de flétrir les hommes qu'il n'était avare à les secourir, refusait souvent, accordait parfois, mais toujours d'une façon ignominieuse, se faisait dire la cause de cette banqueroute, la nature de ces dettes, faisait déposer et discuter ce bilan devant le sénat, et finissait par dire que si les pères conscrits le lui ordonnaient, il accorderait un secours de 200,000 sest. (53,000 fr.) à chacun des petits-fils indigents de l'illustre orateur Hortensius ^
Enfin au-dessous du sénat et de la noblesse , l'ordre équestre défaillait. CaMgula avait dû, en ses jours de sagesse, le recruter dans toutes les provinces de l'empire \ Au-dessous de l'ordre équestre lui-même, le peuple, le vrai peuple romain manquait de plus en plus dans Rome. On voyait sur le Forum plus de tuniques que de
ArmoLf XII, 52. Quelques sénaieurs rayés à cause de leur prodigalité et de l'ÎDdigeuce qui en était la suite, entre autres un Sylla (an 17). Tacite, II, 48.
1. Auguste avait déjà pensionné des familles nobles. (F. plus haut, t. l, p. 274.) — Tibère en secourt plusieurs (honestam innocentium paupertalem ievavit. Tacite, Annal., II, 48) ; donne un secours de 1 million de sesterces à Propertius Celer (Tacite, AnnaL, I, 78); refuse d'en secourir d'autres (Tacite, Ibid. Suet., m Tiber., 47. Vell. Paterc., II, 129. Senec., de Benef., II, 7) ; renonce à des successions en faveur des héritiers du sang, a ut nobilitatem eorum pecunià juvaret » (Tacite, II, 43.) Hortalus, petit-lUs de Torateur Hortensius, avait reçu d'Auguste 1 million de sesterces. K. sa demande au sénat, sous Tibère, la réponse sévère de l'empereur, (/c/., II, 37, 38.) — Secours pareils sous Caligula. Dion, LIX, p. 646. — Sous Claude (an 59}. (Tacite, XIII, 34.)— Sous Néron, plusieurs personnages nobles « paupertatis innoxie, » d'autres même, qui avaient dissipé leur fortune, reçoivent un salaire annuel de 500,000 sesterces (128,000 fr.) pour quelques-uns. ^Taàte, XIII, 34. Suet., in Nerone, 10. Senec., de Brev. vita, 8.)