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Dion, Iltid

CENSURE DE CLAUDE. iM

togèfl. On entendait sur les places parler grec autant que latin <.

Grâce donc & toutes ces causes : — au manque d'énergie militaire et de dignité personnelle, — à la prostitution de la femme par la débauche , de l'homme par le théâtre (car il faut ici laisser, dans toute son énergie, la pensée romaine, aux yeux de laquelle ces deux choses étaient équivalentes *) ; — grâce au luxe, au désordre, au célibat, — â la pauvreté, suite du désordre et du luxe'; — â la délation qui fiaisait tomber les têtes, et â la confiscation qui saisis-

1. Nul ne prend la toge qu'après sa mort, dit Juvénal, III. V, ci-dessus, t. I, p. 256, p. 257. Quant à la langue, César avait donné des jeux dramatiques en grec à Rome, dit Nicolas de Damas. Tibère jugeait souvent en -grec. Diou, I, VII,p. 612. — Inscriptions grecque8,ou mêlées de grec, nombreuses à Rome. Le grec y fut en particulier la langue des chrétiens. L'Épltre de saint Paul aux Romains, et les plus anciens écrits de l'Église de Rome, ceux de saint Qément pape et d'Hermas, étaient en grec. Selon saint Jérôme, le pape Victor, à la Un du ii* siècle, est le premier chrétien de Rome qui ait écrit en latin.

2. Ainsi ces exprc^ssions : Equités Rom. arenà foBdati. (Suet.) Gautum ne eq. Rom. arenâ aut lodo poUuerentur. (Tacite, Hist., II, 62.) Proceres. . . Bcenft polluantur. (T&cite, Annal., XIV, 20.) V. les plaintes des TÎeux Romains contre les jeux donnés par Néron : « La jeunesse se perd par les goûts étrangers, la fréquentation des gymnases, l'oisiveté, les amours infâmes, etc... » Tacite, Jbid.

Z, Tout ce que je dis des plaies de l'empire et du fardeau qu'elles imposaient au prince est parfaitement résumé dans la lettre au sénat que Tacite prête à l'empereur Tibère, et qui représente évidemment la pensée de Tacite plus que celle de Tibère.

A propos des plaintes élevées par les édiles contre le progrès du luxe et le mépris des lois somptuaires ; après s'être plaint de l'étendue immense des viliœ, des tribus d'esclaves, de l'énorme quantité d'argent et d'or : « Nous étions plus modérés autrefois, dit-il, parce que nous n'habitions qu'une seule ville ; même lorsque nous sommes devenus mattree de l'Italie, nous n'avons pas «u même les séductions k craindre. Les victoires sur les étrangers nous ont appris à consumer leurs patrimoines, les guerres civiles à consumer le nôtre... Personne ne s'inquiète de ce que l'Italie a besoin de secours étrangers, de ce que la vie du peuple romain est ballottée chaque jour par la mer et les tempêtes; si les ressources des provinces ne venaient en aide et aux maîtres, et aux esclaves, et à nos terres devenues incultes, seraient-ce, je le demande, nos parcs et nos viliœ qui nous noorriralent? Voilà, pères conscrits, les soins qui pèsent sur le prince. Ces soins négligés, la république estruinée de fond en comble. » Tac., Arm., III, 53, 54.

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sait les biens ; — la noblesse et le sénat devenant le patriciat, Tordre équestre repeuplant le sénat, le peuple recrutant Tordre équestre s'épuisaient tour à tour. Les familles nouvelles devenaient de nobles familles, et périssaient comme telles ^ Pendant que le nom glorieux des Domitii était porté par un escroc et un assassin, et devait finir en Néron'; que les Lepidi' s'éteignaient dans les empoisonnements, les incestes, les désastres de tout genre ; cpie les Silani, englobés dans la famille des Césars, étaient, comme eUes, livrés au glaive du centurion ou au poison domestique, et comptaient, pendant ces quatre règnes, douze tètes proscrites ou exilées; que les Pompées et les Syllas ne pouvaient échapper à la jalousie impériale : en même temps, les Pollions, inconnus sous la république, puissants seigneurssous Auguste, étaient proscrits sous Tibère; de la postérité nombreuse d'A grippa, ce fidèle serviteur d'Auguste, qui avait illustré le nom obscur des Yipsanii, une femme seule ne périssait pas de mort violente ^. A toute grandeur ancienne ou nouvelle, à toute gloire noble ou plébéienne, l'atmosphère de cette époque était également meurtrière. Elle Tétait, non-seulement pour les familles, mais pour les nations. Ce qui s'appauvrissait, ce n'était pas seulement le sang des aristocraties, mais celui des peuples; ce qui tendait à décroître et à disparaître, ce n'étaient pas seulement les races patriciennes , mais les races libres. J'ai montré ailleurs^ que, même avant la noblesse romaine, le peuple romain avait commencé de s'éteindre ; que cette

1. Nomina. .. nobilium qui etiam tùm superemat. (Tacite, Annal. XIIl^ 18 (au commencement de Néron).

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