‹ Les CésarsChapitre 204 sur 321 · F. Suet., m Claud., 28; Dion, LX · texte numérisé non relu

F. Suet., m Claud., 28; Dion, LX

Vient maintenant à cheval , arrivant du Capitole, avec ses manteaux d'écarlate et ses guirlandes d'olivier, la procession des chevaliers. C'est toute la haute bourgeoisie romaine qui défile devant le censeur, pour lui rendre compte de ses droits, de sa vie, de ses mœurs, de sa fortune. Claude , hélas ! ne sait pas combien est difficile le métier de censeur. Pour s'enquérir de la vie privée, il emploie des commissaires qui se moquent de lui. Tel chevalier est accusé d'être trop pauvre, il montre son état de fortune ; tel autre d'être célibataire ou de n'avoijr pas d enfants, il amène ses enfants et sa femme ; celui-là, dit^ on, s'est frappé pour se donner la mort, il 6te sa tunique et montre son corps sans blessure; et le digne censeur, malgré toute sa bonne volonté d'être sévère, attrapé el baissant la tète , lui dit : « Emmène ton cheval ^ x>

Claude seul au monde ne pouvait comprendre l'impossibilité de cette magistrature domestique, de cette enquête ;sur la vie et les mœurs, exercée en la personne de six cents et quelques sénateurs, de trois mille chevaliers environ ' , de six millions neuf cent mille citoyens. Tout lui manquait pour refaire sa Rome classique, qu'il aurait dû laisser daus les livres, où elle était si belle.

Tout lui manquait et surtout le sénat. Le sénat, en effet , était encore fermé aux provinces, dont les habitants, même quand ils étaient citoyens, n'étaient pas admissibles aux honneurs. Or, tandis que l'Italie se dépeuplait, que sa noblesse devenait indigente , les fortunes trop menacées à Rome fuyaient dans les provinces ; la richesse passait aux vaincus. Le sénat s'appauvrissait donc : grand tort dans une assemblée aristocratique. Amoindri de toute façon ,

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