‹ Les CésarsChapitre 208 sur 321 · Nemo eà cuipà vacuns. » (Tacite, AnnaL, VI · texte numérisé non relu

Nemo eà cuipà vacuns. » (Tacite, AnnaL, VI

ce fléau, on ordonne auxdébiteursde payer immédiatement les deux tiers de leur dette , aux créanciers de placer en terres italiques les deux tiers de leur créance, il s'ensuit un trouble complet des fortunes : l'argent se cache ; les terres^ dont on avait voulu accroître la valeur ne se vendent plus ; c'est l'État lui-même qui est obligé de se faire banquier, et de prêter 100 millions de sesterces à la classe agricole qui ne vit que d'emprunts ^ Tibère est sollicité de tous côtés par des nobles obérés qui le supplient de payer leurs dettes^. Claude, à son tour, est obligé à des mesures nouvelles, pour défendre, contre l'avarice des usuriers, l'inexpérience des fils de famille '.

Or^ ces deux moyens de fortune, l'usure et la confiscation, ne profitent qu'au petit nombre ; et cette époque, plus encore que celle qui termine les temps républicains*, nous présente de ces fortunes énormes , œuvres de la misère publique. L*augure Lentulus, personnage d'une incapacité proverbiale, doit à un caprice de la faveur impériale une fortune de 400 millions de sesterces (105,380,000 fr.) ^ Pallas , affranchi de Claude ; Sénèque, précepteur de Néron ; deux délateurs, Ëprius Marcellus et Yibius Crispns, ont chacun 300 millions de sesterces (79 miUions de fr.) ^. Narcisse, s'il faut en croire Dion , en posséda 400. Tous les afiranchis des Césars : Calliste et Polybe sous Claude ; Hélius, Épaphrodite, Polyclète sous Néron; Icélus sous Galba ; Asiaticus, au temps de Yitellius ; tous ces hommes

!. Tacite. Ibid., 16, 17. SueU, in Tiber,, 48. Dion, LVIII. Pline, £p. VI, 19.

Page 1