Âppien, de Bell* civ,, VIL «. Strabon, VIII
7. ld,jl. F. aussi dans le discours de Dion Chrysosloine, intitulé ie Ckat-
Sur la foi de la grandeur du nom romain, quelcpies modernes avaient cru que le monde , sous le gouvernement des empereurs, était arrivé à un degré de population inouï. Un récent travail, en appliquant aux monuments de l'antiquité les données de la science moderne, a jeté sur ces questions une grande lumière. L'Italie continentale, peuplée aujourd'hui de 19 millions d'habitants, ne pouvait, sous les empereurs, en avoir plus de 9 ou 10 millions *. La Sicile^ cette contrée si bien cultivée et si fertile , ne nour- •
seur, une curieuse peinture de l'état de désolation de Ttle d*Eubée (sous Domitien).
1. Économie politique des Romains^ par M. Dureau de La Malle^ tome I, liv. 11^ chap. 5-8. M. de La Malle arrive aux chiffres indiqués par unoalcul fort simple, mais dont les éléments sont réunis par lui avec une grande sagacité. 11 établit : l» la consommation annuelle en blé de chaque individu; 2» laquantitédebléque pouvaient produire les terres labourables de l'Italie, d'après les procédés de culture usités à cette époque, en y joignant le chiflhs du blé importé ; — et divisant Tun de ces nombres par l'autre, il en tire le chiffre au-dessus duquel la population ne pouvait s'élever. Ce chiffre est celui de 4,978,800 pour le vi<* siècle de Home, 9,547,000 pour le temps de Tempire.
Une observation se présente sur ces calculs. M. de La Malle établit la consommation journalière de chaque individu, d'après des passages de Gatou, de Sénèque et de Salluste, qui, évidemment, s'appliquent à la consommation de l'homme occupé au travail ou au moins de l'homme dans la force de l'âge. Or, pour établir exactement le chiffre de la consommation individuelle, il faudrait prendre une moyenne entre la consommation des individus déclasses différentes, hommes ou femmes, enfants, adultes ou vieillards.
Cette remarque, jointe à d'autres, porte M. Wallon ^Hist.- de Cesclavagè, part. II, ch. 3} à modifier le chiffre de M. de La Malle en ce qui touche les temps anciens, et à le porter à 8,114,000. Mais il pense, et je pense avec lui, qu'il y aurait erreur à élever proportionnellement le chiffre de la population au temps de l'empire. Les importations de blé sur lesquelles M. de La Malle se fonde pour augmenter comme il le fait le chiffre de la population italique, étaient le résultat d'un déchet dans la culture, dont elles formaient tout au plus la compensation. Tous les textes de l'antiquité et tout l'ensemble des faits historiques déposent en ce sens , et je suis persuadé que le chiffre de 10 millions est le maximum de la population italique sous les empe reurs.
Je rappelle ici que par le mot d'ItuUe il faut entendre, sous la république, l'Italie actuelle moins les lies, la Lombardie et le Piémont; au temps de l'empire, l'Italie continentale seulement.
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rissait pas 1,200,000 âmes*. La Gaule, plus étendue que notre Frauce, n'en comptait, au rv* siècle, que 10 millions^. En appliquant les mêmes notions à l'Egypte, on pourrait conjecturer que, sous Auguste, elle n'avait pas plus de 1,100,000 habitants ^
Ainsi ^ dans l'antiquité (et l'écrivain que je cite déduit, avec une rare évidence, les causes morales du fait dont il apporte les preuves matérielles), tout marchait vers FafPai- • Glissement de la population. Le christianisme seul a peaplé l'Europe : si quelque part le mouvement de la population a été constant , régulier , civilisateur , c'a été dans les pays chrétiens ; et ces pauvres Pères de l'Église, dont Montesquieu se moque, au sujet de sa chère loi Papia Poppaaa , ne se trouvent pas avoir été si ignorants qu^il le pense, à l'égard des choses de ce monde.
Ainsi, la sagacité et la puissance d'Auguste n'avaient fait que ralentir la marche du monde romain vers sa décadence.
i. F. le même ouvrage, tome II, liv. IV, ch. 10. Ijbl Sicile a at^ourdliui plus de 1,600,000 habitants.