‹ Les CésarsChapitre 22 sur 321 · Suet., in Cœsare, 8. Dion., i.iv · texte numérisé non relu

Suet., in Cœsare, 8. Dion., i.iv

pôt à Capoue '. Au tc^mps de La Fontaine, « tout marquis voulait avoir des pages; )> à Rome , tout personnage tant soit peu parlementaire voulait avoir des gladiateurs.

Or comprenez ce qu'étaient ces armées de gens con^ damnés à mort pour la plus grande volupté des fainéants de 'Rome; ce qu'était en général toute cette population esclave, sans nom, sans demeure, de toute langue, de toute superstition, de toute race, légalement infitme et méprisée, ennemie nécessaire de la chose publique, dont regorgeait ritalie et même l'empire. Comprenez comment l'esclavage, plaie mortelle de l'agriculture, fléau destructeur des races italiques, perturbateur salarié du Forum, instrament toujours prêt pour la guerre civile, se retrouve au fond de toutes les institutions et de toutes les misères de l'antiquité.

Si la violence fait les lois, la corruption fera les magistrats. Les comices par centuries dans lesquels le peuple procède aux élections sont soumis à des formes plus solennelles et plus religieuses; le sénat y garde plus d'influence, la violence y a moins d'accès, mais la corruption y règne : si au Forum le peuple romain risque d'être bàtonné, au Champ de Mars on le paie. Les lois contre les brigues se multiplient chaque jour, les brigues plus encore que les lois. Ce sont de véritables élections anglaises où ne manquent ni les hustings ni les meetings [conciones)^ ni les accnsations de bribery {ambitus), ni les mêlées et les coups. La corruption électorale est organisée de la façon la plus régiilière; des interprètes se font courtiers de suffrages, des séquestres tiennent l'argent en dépôt, des diviseurs attachés à chaque tribu le distribuent aux électeurs, ou le

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