‹ Les CésarsChapitre 23 sur 321 · I. CaBSêT,deB€Uocimlt, l · texte numérisé non relu

I. CaBSêT,deB€Uocimlt, l

gardent pour eux. L'approche des comices consulaires &it quelquefois monter au double Tintérét de Targent.

L'homme est toujours le même : je recommande à tout aspirant à la Chambre un Manuel du candidat qui fut rédigé au moment des élections de l'an 690 de Rome par l'honorable Q. Cicéron, frère de l'orateur. 11 y trouvera d'utiles conseils : il y apprendra le grand principe que le candidat est ami de tout le monde; qu'il ne ménage vis-Àvis de personne ni les poignées de main, ni les paroles affectueuses, ni les promesses, sauf à oublier plus tard ces amis électoraux. En temps de candidature, dit l'auteur, le cercle de l'intimité s'élargit * ; amitié de candidature est devenu proverbe. Donner de grands repas; louer des places au spectacle pour toute une tribu ; flatter les diviseurs^ les meneurs du quartier ; caresser l'esclave favori d'un homme influent; ménager ses propres esclaves, qui sont pour beaucoup dans la réputation du maître ; avoir des amis de tout genre'; ne mépriser ni Thomme important d'un municipe, ni le chef d'une petite corporation, ni la forte tète d'un village ; savoir par cœur la carte d'Italie' ; parler à chacun des intérêts de sa localité; aller en Ëtrurie, dans la Cisalpine, pour y recruter des voix ; faire intriguer dans les bains, les cabarets, les tonstrines; mettre en mouvement jusqu'aux femmes, grandes agitatrices de la politique, qui sollicitent, importunent, vont aux salutations du matin : telle est une partie des ruses du métier. Chaque matin le candidat ouvre son salon, compte ses amis, pense avec inquiétude aux absents, fait bonne mine

1. Nomen aroicorum in petitione latiùs patcl. (Q. Cicero, de Petitiane, 4,5.)

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