‹ Les CésarsChapitre 222 sur 321 · V. Suel., in Chud., 26, et Tac, Ann., Xll, 1 et · texte numérisé non relu

V. Suel., in Chud., 26, et Tac, Ann., Xll, 1 et

i58 CLAUDE.

première, de la fière et courageuse Agrippine ; nièce de Claude, sœur de Calus, elle n'avait eu encore que deux maris. Elle apportait avec elle, disaient ses partisans, un petit-fils de Germanicus (beau cadeau qu'elle fit à Tempire !) ; elle avait, ajoutaient-ils, toute sa jeunesse, une fécondité déjà éprouvée. Ainsi se calculaient les avantages d'une alliance*.

Auprès d'un homme tel que Claude, le triomphe appartenait à qui pouvait le voir, l'entretenir, le caresser de plus près : le jtis osculi (expression bien romaine de Suétone) fit la fortune d' Agrippine. Cependant, la morale romaine traitait les unions entre parents avec une religieuse horreur qu'elles ne nous inispirent pas. Mais Vitellius prit tout sur lui (an 50) : ce courtisan de Messaline, devenu bien vite celui d'Agrippine, le plus ignoble flatteur de cet ignoble règne, fit seulement promettre à César d'obéir au sénat, ce que César promit avec une parfaite humilité ; puis se rendit au sénat, débita ube harangue , .et obtint un décret par acclamation -. En revenant au palais, il attroupa quelques polissons sur le Forum , leur fit crier vivat! et s'en vint, au nom du sénat et du peuple, sommer Claude d'épouser Agrippine.

Agrippine, sa nièce, ne valait pas mieux que Messaline^ sa cousine. Je voudrais vous bien rendre les belles paroles de Tacite : « La face des choses avait changé, tout obéissait à une femme; mais ce n'était plus la domination

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