‹ Les CésarsChapitre 230 sur 321 · Tacite, Armai., XIV · texte numérisé non relu

Tacite, Armai., XIV

2. Tacite, Annal,, XV, 65. Et à ce propos, Juvénal, un peu trop conflant, je crois, eu la vertu du système électif :

Libéra si dentur populo Euffragia, quis tàm Perditus, ut dubitet Senecam prœferre Neroni ?

(Sat, Vin, 211.)

La lutte s'établissait. « Point de philosophie, mon fils, disait Agrippine; elle ne vaut rien pour un empereur *. « Le vieil instinct des Césars devinait son ennemi. « Respecte ta mère, mais sois empereur, » lui disait Sénèque. Le prix était à qui flatterait le plus. Les débauches de Néron étaient encore timides : Sénèque lui prêtait le nom d'un de ses parents pour les cacher à. Agrippine ^; Agrippine^ son appartement, sans doute pour les cacher à Sénèque. Les philosophes laissaient monter leur élève sur le théâtre, en gémissant, mais sans rien dire, toujours dans la peur qu'il n'allât plus loin ; et Sénèque, qui avait flairé la béte carnassière> lui adi:essait son traité de la Clémence^ le louant du sang qu'il n'avait pas versé, de peur qu'il n'en versât le lendemain.

Mais, en fait de flatterie, Agrippine était bien novice, les philosophes bien réservés. Néron avait d'autres amis plus infimes et par cela même plus intimes : des aCBranchis, les meilleurs confidents des Césars qui avaient l'Ame basse comme leur imagination était haute. Néron, avec ses goûts de volupté puérile et vulgaire, s'arrangeait fort de la société des valets.

Une mère jalouse de dominer, des pédagogues qui loi disputent leur élève, des valets débauchés qui le corrom* peut, histoire d'écolier ! mais cet écolier de dix-sept ans tenait bien réellement en ses mains le sceptre du inonde, pouvait jouer au besoin avec le poison et Tépée, avec les tètés des sénateurs et l'honneurdes nobles romaines. Aussi, pendant qu'avec des insinuations habiles et polies, Sénèqut* et Burrhus supplantent Agrippine^ ;qu' Agrippine s'irrite.

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