N^ROK
Octavie , la fille de Messaline. C'est par le mépris qu'elle agit sur Néron. Voyez comment se laissait mener l'Âme petite et misérable de César ! a Elle était mariée , après tout, disait-elle ; l'hymen d'Othon était un beau mariage qu^elle ne voulait pas perdre K Elle tenait à cette vie de luxe , vie non pareille, qu'elle trouvait chez son époux ; là/ tout était grand et de magnificence et de cœur, tout digne de la première place. Néron , au contraire, amant d'Acte , conjoi;it d'une esclave , n'avait gagné à cet ignoble commerce que d'abjectes et mesquines habitudes. Enfant maintenu par sa mère dans une rigide tutelle, avant de prétendre à Tempire, qu'il pens&t à la liberté!... Il craignait de l'épouser? Qu*il la renvoyât à Othon; même au bout du monde , elle aimait mieux ouïr l'opprobre de son empereur qu'en être témoin. » Ainsi parlait-on à Néron-César; ainsi les dédains de Poppée le poussaient-ils au parricide, et cela pendant que les autels fumaient encore de sacrifices offerts aux pieds du dieu Honneur et de la déesse Concorde pour le jour natal d'Agrippine*,
Mais ici commence, dans Tacite^ un beau drame dont je ne veux qu'efQeurer les détails (an 59).
Par une belle et claire nuit, par une mer paisible, un navire pavoisé glisse légèrement sur le golfe de Baïa. Dans l'intérieur, Agrippine, assise auprès de son serviteur Crépéreius ; Acerronia Polla , son amie , à ses pieds, s'abandonne à la joie et à Tespérance : Néron l'a appelée près de
1. Nec poBse matrimonium amittere. (Tacite, Annal., XIII, 46.)
2. V. les inscriptions des frères Arvales, récemment découvertes et publiées par M. de Rossi (Bulletin d'Archéoi. chrét. 1866, p. 57 et suiv.) :
Le 6 novembre 58, on a sacriAé ob natalem Agrippinœ Augustœ matris, . . Concordiœ ipsitts vaccam.
Le 15 décembre : Concwrdim Honoris Agrippinœ vaccam, Genio ipsius iaurum,