‹ Les CésarsChapitre 235 sur 321 · Annal., XIV · texte numérisé non relu

Annal., XIV

SA FABilLLE. 196

luiy Ta reçue à Bala ; au milieu des fêtes, lui a donné à sa table la première place ; Néron , en la quittant à minuit, lui a baisé les mains et surtout les yeux (signe tout particulier d'une vénération presque religieuse) ^ a Adieu , lui a-t-il dit^ ma mère, et soigne ta santé pour moi; c'est pour toi que je vis et que je règne *. » Acerroîûe félicite sa maltresse, quand tout à coup le pont du navire s'écroule audessus de leur tète. Le navire avait été construit avec un soin tout particulier, sur le modèle de ces navires que l'on voyait apparaître dans l'amphithéâtre , et dont les flancs s'ouvraient pour laisser sortir des centaines d'animaux '. Crépéreius est écrasé. Au milieu des cris, du tumulte, des ordres contradictoires entre les complices du crime et ceux qui y sont étrangers, le navire penche, il va être submergé. Les deux femmes se jettent à la mer. Acerronie crie : Je suis Agrippine, secourez la mère de César ! On la tue à coups de rames. Agrippine, blessée^ se tait et s'échappe à la nage.

Néron est à BaXa ; Sénèque et Burrhus viennent d'être mandés auprès de lui : « Que fera-t-il ? Le crime est manqué, mais il va devenir public. Agrippine peut armer ses esclaves, soulever les soldats, implorer le sénat et le peuple. » Sénèque et Burrhus gardent longtemps le silence; enfin, sur un regard interrogatif de Sénèque : «Les soldats du prétoire , dit Burrhus, sont dévoués à la maison de leur prince ; ils se souviennent de Germanicus , ils n'oseront rien contre sa fille ; qu'Anicet tienne sa promesse ! » Anicet, le commandant de la flotte de Misène, a été le conseiller de cette première tentative de meurtre, et ne denuinde

i. Oculb iaest quasdAm religio^ quos cùm osoulamuf , animnin ipsum videmur attiogere. (Pliue, Hût. nat., XI, 54.)

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