Tawtc, Annal., XIV
La famille impériale était depuis longtemps réduite à des femmes. Vers le temps de la mort d'Agrippine (an 59 ), Néron visitant Domitia sa tante qui était malade , celle-ci, selon une coutume familière aux vieillards, lui dit en caressant sa barbe naissante : a Quand je l'aurai vue coupée je veux mourir. » Néron se tournant vers ses voisins : (( Je la couperai sur Theure, » dit-il en la raillant, et il ordonna aux médecins de la purger fortement. Elle n'était pas morte encore, qu'il s'empara de ses biens et supprima son testament ^ Il trouvait de sa justice de traiter de la même façon ces deux belles-sœurs, ennemies Tune de l'aula-e, Domitia et Agrippine.
Restait encore Antonia, fille de Claude. Longtemps persécutée par Agrippine, mariée d'abord à un Pompée, puis à un Sylla dont je parlerai bientôt, deux foiâ elle était devenue veuve par le fait de la justice impériale. Tel était le sort des princesses du sang : trop honorées pour qu'on ne leur fit pas épouser de grands noms , les grands noms étaient trop redoutés pour qu'elles tardassent à devenir veuves. Quant à Antonia, comme elle était la dernière du sang des Césars^ comme, dans un complot dont nous parlerons bientôt, Pison avait paru compter sur elle pour donner au futur empereur^ en l'épousant, une sorte de légitimité, Néron à son tour voulut l'épouser. Elle refusa et fut punie de son refus par la mort. Néron^ qui avait aussi fait périr le dernier descendant d'Auguste et le dernier descendant de Tibère^, put se vanter alors (an 67) d'être le seul au monde en droit de prétendre au nom de César.
i. Suet., m Ner., 43. Xiphilin, LXl. La coupe de la première barbe était à Home une cérémonie religieuse et une solennité de famille. 2. Lucius Silanus et Rubellius Plautus. J en parlerai plus tard.