Taoito, iWrf
4. Inscription Divab Poppae Avoystae imp. Neronis Gacsarib Avgvsti. Oretli T3i. La déiflcation de Poppée encore mentionnée au temps de Commode. Marini, AêU dei fr, ArvaL, 33.
236 >'ÉRON.
Néron même ne se décida qu'avec crainte à faire accuser Thraséa (an 67). Ce jour-là, l'élite des délateurs, à q»ii l'espérance d'un belle proie faisait braver le danger, s'était donné rendez-vous. Le sénat était entouré d'hommes armés; des soldats en toge, mais qui ne cachaient pas leurs armes, menaçaient les sénateurs sur le Forum. Néron n'osa pas venir et fit lire une harangue en son nom. Le langage des accusateurs fut menaçant même pour les juges ; en un mot, «c ce ne fut pas cette tristesse, facile i reconnaître , que la fréquence de pareilles luttes avait rendue habituelle : ce fut, dans cette assemblée, une terreur nouveUe et plus profonde. »
Laissez-moi, -pour me reposer sur quelque chose d'humain, quoique lugubre encore, rappeler ce que nous avons tous lu dans Tacite, le seul épisode de ce procès que je veuille citer :
Servilie, fille de Soranus qu'on accusait avec Thraséa, à la vue du danger de son père , s'était adressée aux devins, ressource fréquente de la superstition publique. On fit de cette démarche un crime à Soranus ; ce pourtant ce qu'elle avait demandé aux devins , c'était uniquement si son père vivrait, si Néron s'adoucirait, si la sentence du sénat pouvait être favorable. On l'appelle, et, devant le tribunal des consuls, parurent d'un côté cfi père avancé en âge, de l'autre cette fille qui n'avait pas vingt ans, dont le mari venait d'être exilé, réduite à la solitude et au veuvage, et n'osant même lever les yeux sur son père, dont elle se reprochait d'avoir accru les dangers. Quand l'accusateur lui demanda si elle n'avait pas vendu ses parures de mariage et le coUier mèine qu'elle portait, pour employer l'argent à des cérémonies mystérieuses, elle, d'abord prosternée à terre, resta longtemps dans le silence et
dans les pleurs ; puis , embrassant les autels : « Je n'ai in- « voqué, dit-eUe, aucun des dieux de Tenfer * ; je n'ai fiait « aucune imprécation ; tout ce que j'ai demandé » dans « mes tristes prières, c'est que ta volonté, ô César, et votre i( sentence, pères conscrits, me conservât un père bien- « aimé. J'ai donné pour cela mes parures, mes plus riches c< étoffes, tous les ornements de mon ancienne fortiine, de <f même que, si on me l'eût demandé, j'eusse donné mon u sang et ma vie. Qu'ils vous expliquent ce qu'ils sont et a quel est leur métier , ces hommes que je n'avais jamais « vus auparavant. Pour moi , je n'ai nommé le prince que i< parmi les dieux ; et même mon malheureux père ne l'a c( point su ; si c'est un crime, je suis seule coupable. » Soranus l'arrête comme elle parlait encore, s'écrie « qu*é- « trangère aux reproches qu'on fait à son père, et aux « accusations qui ont fait condamner son mari, elle n'est « coupable que de y*op de tendresse etde filiale piété. Quel « que doive être son propre sort, il demande que sa cause c< et celle de sa fille ne soient pas confondues. » 11 courut alors dans les bras de sa fille qui s'avançait vers lui, quand les licteurs se mirent entre eux deux et les séparèrent.
Avec Thraséa fut condamnée l'élite de son parti : à la mort, la malheureuse Servilie et Soranus, ami de Thraséa, qu'un délateur avait particulièrement <c réclamé comme son accusé ; » à l'exil, Helvidius, gendre de Thraséa^ et Paconius. Ce dernier attendait en paix sa sentence : — <c On te juge au sénat, lui dit-on. — Bonne chance, répondit-il; mais voici la cinquième heure, allons aux exercices. i> L'exercice fini, on lui annonce qu'il est condamné : — a A l'exil ou à la mort? — A l'exil. — Et mes