Nulios impios deos
biens? — On te les laisse. — Allons dîner à Aricie*. » — La journée des délateurs fut belle : deux d'entre eux eurent 5 millions de sesterces (i ,270,000 francs) de récompense, Tantre 1,200^000 et des honneurs^.
Le stoïcisme avait ses traîtres : Soranus fut condamné sur la déposition d'un Ëgnatius, stoïcien hypocrite acheté par Néron* Il avait ses amis ardents : un témoin parla si fortement en faveur des accusés qu'il fut puni par la eour fiscation et par l'exil ; le jeune Rustieus, qui fut plus tard martyr de sa croyance, fut à peine détourné par Thraséa d'user en sa faveur des prérogatives oubliées du tribiraai. Ni ce courage, ni cet esprit d'association ne s'étaient vus sous Tibère». Cependant Thraséa, prêt à mourir, désespérant de l'avenir de sa cause, dit à Rusticus : « Ma vie est finie, je n'abandonnerai pas la ligne que j'ai toujours suivie ; toi, tu commences ta carrière, ton avenir n'est pas engagé; réfléchis bien avant de décider, en un temps comme celui-ci, quelle route tu suivras. »
Ainsi, la famille impériale avait été noyée dans le sang, le christianisme était oublié dans les Catacombes, la Rome nouvelle avait été vaincue avec Pison, la Rome stoïcienne avec Thraséa ; et, depuis que Néron avait retrouvé sous ses pieds le fonds solide de la Rome impériale, le sol foulé par Tibère et Calus, toute son intimité le poussait sans fatigue et sans relâche dans cette voie roulante de la proscription.
C'est ici peut-être l'occasion de nous arrêter un moment, et de considérer ce qu'était devenue cette politique impériale dont j'ai fait voir les fondements jetés par Tibère *. Depuis cette époque, le monde avait marché. Avec
i. Épiclète, m Arritm, 1, 2.