F. tome I, page
4. AboiUio. V. Paul, Sent, V, 17. Lois 1, 10, 18, D. ad S. C. Turpthanum. V, aussi les deux codes, de Abolit.
5. Pr^van'cari, avoir des varices aux jambes, marcher de travers, jouer un double jeu. V. des exemples de ces trahisons, ci-dessus, p. 86, 87, et Tacite, Annal,, XlW,i\.
6. Séuatus -consulte Turpilianum (aii 59], assimile la prévarication à la calomnie. Tacite, Annal., XI V, 41. V. Digeste, ad S.-C. Turpilianum (xLvm, 16); Cod. hoc titul. (ix, 45); Digeste, de Proevaricatoribus (xlviî, 15); Paul, Sent,, V, 17.
Comprenez dès lors que la situation du délateur était glissante. Aussi n'était-ce pas toujours par un libre choix qu'on devenait délateur; c'était une charge qu'imposait César, et l'on accusait souvent pour sauver sa tête ^ Souvent aussi les accusations était réciproques; on accusait pour se (défendre, et le plus puissant des deux avait raison du plus faible^. — Comprenez que la fortune du délateur, comme toute fortune du reste, était sans cesse en péril. Presque toiqours obscur et pauvre à son début', souvent une première fois condamné et avec peine rentré en grà^^e, il grandit d'autant plus vite, qu'en fait d'honneur il n'a rien à perdre; il compte ses victoires, il fait trophée de tel sénateur réduit au suicide, de telle fille des Césars dont il a fait verser le sang, de tel consulaire poussé à la guerre civile. Il parle au sénat, et le sénat le redoute ^ ; le sénat en lui livrant sa victime le récompense de l'avoir demandée; une éclatante accusation lui vaut 1,000,000 ou 1,S00,000 sesterces ^. Si la victime était belle, la confiscation opulente, l'accusation dangereuse, il comptera par cinq ou six
i. V. les reproches que, sous le règne de Vespasien, on adresse à Régulas : « Pardonnons à ceux qui ont accusé les autres pour ne pas être euxmème accusés. Mais toi, Néron ne t'a pas contraint; ta cruauté n a pas été la rançon de tes dignités ou de ta vie. » Tac., Hist., IV, 42. Et un peu plus loin, on loue « Rufus qui, riche et célèbre par son éloquence, n'avait jamais, sous le. règne de Néron, accusé personne. Id.', ibid., 43.
2. « Romanus avait secrètement accusé Sénèque comme complice de Pison, mais Sénèque, plus puissant que lui, lui renvoya la même accusation, et Romanus fut vaincu. » Tacite, Armai., XIV, 65.
3. K. ci-dessus, tome I, p. 320 et la note. Ailleurs : « Domitius Afer accusa Quintilius dont il avait déjà fait condamner la mère. Longtemps panvre, il avait bientôt dissipé les fruits de son triomphe et se préparait à de nouveaux crimes. » Tacite, ilid., IV, 66.