Qc, m Verrem. I (V
3. Hortensius^ pour savoir si on lui manque de parole, donne aux jugea payés des bulletins de couleur différente. Gic, de Divinai., 7; m Verrem, \, (V) 6, 12. Asconius, Jbid, Un dignitaire de la république condamné dit à ses juges : a Au moins deviez-vous vous faire mieux payer, vous aves vendu un homme comme moi pour un morceau de pain. » Plut., m Cic. Gic, m
Cette corruption permanente à laquelle aucune loi ne re-r média, explique l'incroyable impunité d'une foule dé crimes, surtout pendant les années qui précédèrent la conjuration de Catilina (691).
Voilà donc en ce temps l'état des pouvoirs politiques* Au Forum , aux comices législatifs, règne la violence, une violence payée ; au Champ de Mars , aux comices électiis, règne la corruption ; les magistratures sont une spéculation souvent hasardeuse , mais presque toujours une spéculation ; les jugements se vendent : <x Ville vénale, il y a longtemps que Jugurtha le disait^ à laquelle il ne manque qu'un acheteur ! » Ne vous étonnez pas, puisque l'argent gouverne tout, que la puissance poUtique suive le sort de l'argent, et que le pouvoir se concentre comme la richesse.
Aussi la tendance vers l'oligarchie se montre-t-elle plus à nu chaque jour. Chaque homme et chaque opinion , le démocrate Salluste ^ Taristocrate Cicéron *, le révolutionnaire Catilina ^, César lui-même ^, s'en plaignent tour à tour. Ce rêve des peuples , le gouvernement de tous par tous, leur échappe plus complètement à l'heure où ila ont cru l'atteindre plus complètement. Avec cette multitude de citoyens égaux en droits, cette inanité des formes
Verrem, I, 38. K. surtout une curieuse histoire de juges corrompus. Cic.^ pro Chietdio, 2&, suivant laquelle un juge se payait 407<M)0 sest., (7^800 fr.).
1. Potestatem de vectigalibus, sumptibus, judiciis... paucis tradidit. . . (Salluste, Lettre pohtique à César, /.) Et Licioius Macer dans Salluste : Puguatur et vinoitur à pauois. . . omuia jam concessêre in paucorum doininationem.
2. Suifragia descripta tenentur à pauois. Patimur et silemus, cùm videmus ad paucos homines omnes amnium nationum peounias pervenisse. (Cic.^ rn Verrem de suppitciis, 48.) Totus ordo paucorum improbitate et audaiiâ premitur. {In Verr, Act., I, 12, Lh Artapicum responsis, 28.)
3. Respublica in paucorum potèntium jus et dominationem concessit (Sallnste, Cat., 20,)
4. Gertior fiebat... id agi paucorum consiliis. (Ccsar. de Bell, civ,, VIII, 52.)
légales du pouvoir, cet abandon de tout à la corruption et à la violence, ce ne sont ni les consuls, ni le sénat , ni le peuple, qui ont succédé à SyUa, ce sont quelques sénateurs^ chevaliers ou centurions enrichis des biens de ses proscrits; huit ou dix familles, qui, après avoir tiré bon parti de la conquête du monde par Tltalie, ont tiré meilleur parti encore du déchirement et des misères de l'Italie. Un Crassus possède en terres 200 millions de sest. (39 millions de £r.), autant en argent, eu meubles et en esclaves *. Un Verres, au compte le plus modéré, a rapporté de Sicile, après trois ans de préture , 40 millions de sest. (7,760,000 fr.) ^. Caecilius Isidorus, après s'être ruiné dans les guerres civiles, léguera 4,116 esclaves, 3,600 paires de bœufis, 27,S00 tètes d'autre bétail et 60 millions de sest. en argent ^. Quand tous les intérêts poUtiques ont péri , qui résistera à de telles puissances ? Depuis qu'il y a cinq cent mille souverains légaux, on ne compte plus que sept souverains réels, créanciers de tout le monde ^ maîtres des terres et de l'argent, par là, maîtres des élections, du sénat , des magistratures, des provinces : on les appelle les sept tyrans *. Ces prêteurs à la petite semaine sont les vrais successeurs de Sylla.
11 n'y avait, du reste, de force nulle part. Le sénat , entaché de corruption et même de crimes, ce fait pour fati-