Suot., ihid
Grèce, on voit venir, sur le char triomphal d'Auguste et à côté du musicien Diodore, Néron, en chlamyde semée d'étoiles d'or, l'olivier olympique sur la tète, et, dans sa main droite, le laurier des jeux Pythiens : après lui , sa claque théâtrale, ses Auffustani^ au nombre de cinq mille, à la brillante parure et aux cheveux parfumés^ qui se proclament les soldats de son triomphe. Une arcade du grand cirque est abattue pour son passage ; à droite et à gauche des victimes sont immolées à sa divinité ; la terre est semée de safran ; on jette sur sa route des oiseaux, des fleurs, des rubans de pourpre, des dragées ; le sénat, les chevaliers , le peuple , lui acclament en mesure : a Vive le vainqueur d'Olympie ! le vainqueur des jeux pythiens ! César Néron , nouvel Hercule ! César Néron , nouvel Apollon ! seul , dans tous les siècles , il a vaincu dans tous les jeux ' ! »
C'était bien un triomphe ! Une dernière conspiration avait été découverte et punie ; le temple de Janus était fermé*; Corbulon, qui avait vaincu l'Orient, appelé en Grèce par de flatteuses paroles, avait reçu l'ordre de se donner la mort , ei s'était tué, regrettant sa fidélité trop confiante, et disant : c( Je l'ai mérité ^. » Que pouvait encore redouter Néron? Quel autre César avait eu Rome aussi bas sous ses pieds? Qu'était le triste et vieux Tibère, homme étranger à toutes les joies du pouvoir? Qu'était le grossier Caligula, qui, après avoir , pendant trois ans au plus, joué quelques farces royales et guerrières, s'était laissé misérablement égorger dans une salle de bain ? Qu'était l'imbécile Claude, machine à diplômes et à juge-