‹ Les CésarsChapitre 273 sur 321 · XÇicç. Xiph., ibid · texte numérisé non relu

XÇicç. Xiph., ibid

ments, auprès du virtuose, de Torateur, du poète, du lutteur , de l'universel Néron, depuis douze ans maître du monde? Si quelques âmes à part protestaient, par un courage inutile , en faveur de la dignité humaine, jamais le grand nombre n'avait mis le front aussi bas dans la poussière que devant l'élève de ces deux femmes perdues, Lépida et Agrippine, devant ce cerveau mal organisé qui n'eut le sens vrai d'auciue chose ^ ce gamin déifié^ Néron.

Serait-ce l'or qui pourrait lui manquer? Si le trésor s'épuise , si les chicanes fiscales , suprême expédient des empereurs besogneux, si l'héritage confisqué des testateurs ingrats envers César, si de nouveaux impôts sur les successions des afiPranchis ' , si toutes ces ressources sont insuffisantes, les dieu? lui viendront en aide. Un Africain a rêvé que, sous son champ, il voyait d'immenses cavernes pleines de lingots d'or, trésors de la reine Didon que la Providence gardait pour César. Une flotte entière est partie pour recueillir ces richesses ; tout un peuple de soldats et d'ouvriers tourne et retourne le champ de l'Africain. D'avance les poètes chantent la gloire de Néron, pour qui les dieux font naître, dans le sein de la terre, l'or tout purifié ; et Néron, dans sa foi au songe, jette avec plus de profusion que jamais les minces trésors que ce trésor colossal va remplacer. — Quand, après bien des rçcherches, l'or ne se trouva pas, le songeur n'eut d'autre ressource que de se donner la mort *.

Si les dieux manquent de parole, les délateurs nous consoleront de la désobligeance des dieux. La concentrar tion que, dans les derniers temps de la république, a reçue

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