‹ Les CésarsChapitre 275 sur 321 · Tacit., //tï/., I, 20 (1,200,000,000 de sesterces · texte numérisé non relu

Tacit., //tï/., I, 20 (1,200,000,000 de sesterces

le labeur d'une civilisation de cinq ou six siècles, en Grèce, en Italie, en Orient, n'a abouti qu'à faire rêver de plus chimériques rèves à quelques centaines d'oisifis romains, à leur inventer des infamies nouvelles, à nourrir d'aliments nouveaux une curiosité insatiable, un égolsme surhumain , un matérialisme transcendental ! Cette passion de l'impossible sera surtout celle de Néron : rien ne le touche comme grand et beau , mais comme inouï , et, dans le sens latin du mot , comme monstmeux. C'est une persuasion et une plénitude de sa toute-puissance, qui es-^ saie pourtant si, à quelque combat, elle peut être vaincue : organisation après tout misérable et puérile , à qui il fallait un tel pouvoir pour s'élever même dans le mal ; nature cruelle, faute de pouvoir être forte; gigantesque, «faute de savoir être grande !

Qu'est-ce pour lui que la profusion et le luxe? Ne mettre jamais deux fois le même habit, pêcher avec des filets dorés et des cordons de pourpre, jouer 400 sesterces sur chaque point de ses dés * , avoir pour ses histrions des masques, des sceptres de théâtre tout couverts de perles : c'est être riche ; et voilà tout. Ses amis, par son ordre , ne lui donnent-ils pas des festins où l'un a dépensé pour 4 millions de sesterces en couronnes de soie parfumées '? Poppée n'avait-elle pas des mules ferrées d'or, et 500 ànesses ne la • suivaient-elles point partout pour remplir de leur lait la baignoire où son teint venait chercher la fraîcheur ^? N'est-ce pas Othon qui lui enseigna, à lui César, à parfumer la plante de ses pieds? Et, lorsque la veille, Othon , soupant chez César, a eu la tête aspergée de parfums pré-

i. Suel., in Ser., 30.

«. SucL, ibid., 27.

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