‹ Les CésarsChapitre 276 sur 321 · Pline, HiH. nat., XXXTFl, M · texte numérisé non relu

Pline, HiH. nat., XXXTFl, M

cieux; le lendemain^ César, soupant chez Othon, ne voitil pas de tous côtés des tuyaux d'ivoire et d'or verser sur lui une vaporeuse et odorante rosée ' ? Le faste et la grandeur courent les rues de Rome.

Que même Néron soit le premier artiste de son siècle; que des autels fument partout en l'honneur de sa belle voix, qui, malgré tant de soins et d^études, malgré un esclave sans cesse debout auprès de lui pour l'avertir de ménager ce don précieux, est fausse, sourde et fêlée ; que Néron joue tous les rôles, de héros ou de dieu , d'homme ou de femme , même de femme grosse ou en mal d^enfaut, si bien qu'on demande : a Que fait l'empereur? — L'empereur accouche. » Que même, faute d'autre , il rencontre parfois une ambition plus digne : qu'il envoie à la recherche des sources du Nil *; qu'il médite une expé-dition contre l'Ethiopie ; qu'une armée se prépare à aller aux portes Caspiennes soumettre les peuples inconnus du Caucase ; que déjà, sous le nom de phalange d'Alexandre, une légion d'hommes de six pieds ^ soit enrôlée : tout cela, c'est talent, c'est pouvoir , c'est chose qui appartient à l'homme.

Mais lui , il est dieu ! Le sénat lui décerne des autels « comme s^étant élevé au-dessus de toute grandeur humaine *. » Le sénat à qui la divinité coûte peu l'a bien décernée à Poppée, que Néron tua d'un coup de pied, et à cette enfant au maillot, fille de Poppée '. Néron est dieu, le peuple tue des victimes sur son passage^; il est dieu,

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