K. entre autres Tacite, XV
2. K. Tacite, IV, 20, et surtout la discussion au sénat, lorsqu'on voulut renouveler la loi ancienne qui défendait aux gouverneurs d>m mener leurs femmes avec eux dans les provinces. Tacite, Annal., ill, 33 et 34. K. aussi Suet., in Aug., 24; Juvénal, Sat. VIII, 127. Sénèque fait l'éloge de la femme d'un gouverneur d'Egypte qui, « pendant seize ans qu'elle habita cette province, ne se montra jamais en public, n'admit jamais chez elfe un habitant de la province, ne demanda rien à son mari, ne permit pas qu'on fit passer par elle aucune demande. » Ad Helviam, 17.
extravagances et seâ débauches; comment eùi-il ménagé l'or des provinces? Nous ne voyons sous lui, dans la Judée dont Josèphe nous raconte Thistoire locale, dans la Gaule, TEspagne , la Bretagne, dont nous allons dire les révoltes, que publicains qui rançonnent les peuples, usuriers romains qui les dévorent, gouverneurs qui pillent ou au moins laissent piller. Si Néron a été poprdaire quelcpe part , cela a pu être à Rome dans les quartiers habités par les désœuvrés du Cirque et les mendiants du Forum ; peutêtre à Ostie, peut-être à Naples, au plus loin en Grèce ; mais au del& bien peu.
Depuis Tincendie de Home surtout et les déprédations par lesquelles Néron avait fait contribuer le monde à la restauration de sa capitale , le gouvernement de César était impopulaire dans les provinces. Moins gâtées que le peuple de Rome , elles n'étaient pas à la hauteur de la servilité romaine. Tacite nous peint un provincial, homme simple, qui arrive au spectacle à Rome pendant que César chante, reste tout étonné de cet empereur qui joue un rôle et de ce peuple qui Tapplaudit , se pçrd au milieu de cet enthousiasme discipliné , laisse tomber ses mains de fatigue, crie quand il faudrait se taire , se tait quand il faudrait crier, trouble les chefs de claque, et reçoit les coups de canne des centurions ^
Au milieu des provinces vivaient les légions. Une même défaveur auprès de César ; un séjour de plusieurs années dans les mêmes lieux ; souvent la communauté d'origine ( car les légions se recrutaient surtout dans les provinces ) *,
1. Tacite^ XVI, 5. V. dans Josèphe la conduite des différents procurateurs de Judée sous Tibère, Claude et Néron.
2. V, Tome I, p. 265, t. Il, p. 105, 108, 136. Ajoutez-y ce passage qui prouve et le dégoût général pour le service militaire et l'habitude de faire les levées hors d^Italie : « Tibère émit la pensée de partir pour les |)ro-
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rapprochaient les uns des autres des sujets de Rome et ses soldats. Traitées avec une défiante et jalouse attention, éloignées les unes des antres et de Rome ( car le centre de l'empire se maintenait presque sans soldats) ; disséminées sur le Rhin , le Danube , l'Euphrate et le Nil , campées an pied de l'Atlas ou enfermées dans la prison maritime de rUe de Bretagne : les légions enviaient et haïssaient les prétoriens , comme les provinces enviaient et haïssaient le peuple de Rome.
Leur disgr&ce était une tradition d'Auguste, qui avait longtemps subi et qui avait appris à craindre la tonte-puissance militaire ^ A sa mort, elles se révoltèrent et voulurent secouer la rude discipline qu'il avait fait succéder à la discipline indulgente de Jules César : le vieux levain des guerres civiles restait encore dans le cœur de ces vétérans. L'armée de Pannonie chassa ses officiers, rémût ensemble les aigles de ses légions, envoya une députation à Tibère; elle lui demandait que le temps de service t&i abrégé, que la solde fût plus forte, qu'un terme fût mis aux violences des centurions. Une armée en Germanie alla plus loin, sollicita Germanicus son général de se laisser proclamer empereur. Une troisième armée attendait Févé^ nement, prête à se révolter, et le général qui la commandait ne craignit pas de dire dans la suite que, s'il n'eût maintenu ses légions dans le devoir, l'empire était perdu'.
vinces. Il donnait pour prétexte le grand nombre de vieux soldats à mettrr à la retraite, et la néoewité de remplir par de nouvelles levées les vides df Tannée. Il ne se faisait plus, disait-il, d^engageroents volontaires, ou, quaod il y en avait, ils ne fournissaient que des soldats lâches pu indisciplinés; des mendiants et des vagabonds étaient presque les seuls qui entrasseot volontairement dans les rangs de l'armée » Tacite, Ànnai., IV, 4.