Vêtus miles timebatur. (Tacite. XV
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soient seuls dans l'intérieur de la Gaule ^ : que les provinces soient mal défendues contre les barbares ; que des établissements fondés sur les frontières soient abandonnés avant même qu'on ne les attaque; que des comraandanb brûlent leurs forteresses faute de pouvoir les défendre; que des vétérans établis dans les terres conquises désertent ces cbamps à peine défrichés, et les laissent en proie aux barbares ^ : l'empereur a autre chose à songer, il a trop à faire à Rome pour savoir ce qui se passe sur le Rhin.
C'est ici un des vices de la politique de Tibère : enfermés dans Rome, les Césars pensaient peu aux provinces, et ne pensaient aux armées que pour les redouter. De h, l'oppression des unes, l'affaiblissement des autres. Deux sortes de magistrats gouvernaient les provinces : les uns, magistrats civils, sous le titre de procurateurs, affranchis de César, créatures du palais, achetaient leurs charges à prix d'argent et regagnaient leurs avances en faisant marché de la justice ^ ; c'est à ceux-là que Néron disait dans leur audience de congé : « Tu sais de quoi j'ai besoin *. i» Les autres, commandants militaires, étaient suspects à ce seul titre ; sous Néron, un général romain dans les Gaules conçut le projet d'un canal de la Saône à la Moselle ' (magnifique communication entre les deux mers) : se? amis l'avertirent qu'il se gardât bien de l'exécuter ; c'eût été gagner des amis dans sa province, et par là se rendre suspect à César. La crainte de César, dit Tacite, arrêtait
1. Selon le compte de Josèphe^ de Bello, II, 28. (Vors la fin de Non»!»