‹ Les CésarsChapitre 293 sur 321 · Tacite, XllI · texte numérisé non relu

Tacite, XllI

toute pensée buable : Galba, en Ë$pagne, après avoir fait longtemps une sévère police contre les maltôtiers, changea de système, disant qu'après tout, a à qui ne fait rien on ne demande pas de compte ^ »

César ne permettait volontiers ni la popularité aux gouverneurs, ni la guerre aux soldats. Il préférait récompenser des généraux sans qu'ils eussent combattu, et les dédommager par des honneurs de la gloire dont il les • privait. Déj& Tibère, voyant l'empire entamé par les barbares, avait mieux aimé dissimuler ces plaies que de permettre la guerre à personne '\ tant une victoire lui semblait chose redoutable! Claude avait envoyé à Corbulon, qui plantait déjà ses tentes sur le sol des Germains, Tordre de repasser le Rhin et de retourner dans ses quartiers , et Corbulon s'était retiré en disant ce seul mot : « Ueiureux les générau]^ de Tancienne Rome ! » Claude, pour le consoler, lui donna les privilèges du triomphe au lieu de la permission de combattre ^

Enfin , sous Néron , à la vue du long repos des armées romaines, les Barbares commencent à se dire que César a 6té à ses généraux le droit de mener à l'ennemi^. Déjà, à travers les bois et les marécages , les Frisons ^, amenant avec eux dans de légères barques leurs enfants et leurs vieillards, envahissent des terres romaines destinées à la charrue, mais abandonnées; déjà les Germains le long du Rhin, les Parthes à l'Orient , les Maures au Midi , insultent les frontières de l'empire. Plusieurs légions en Arménie ^ont passées sous le joug ; la Syrie n'est défendue qu'avec

Page 1