‹ Les CésarsChapitre 294 sur 321 · Ihid. (An · texte numérisé non relu

Ihid. (An

peine ; la Bretagne opprimée se révolte (61) ; la Judée se révolte (66), défait une armée romaine, et des affiches injurieuses placardées dans Rome reprochent à Néron son incroyable faiblesse ' .

Les races germaniques surtout, poussées en arrière par César, Auguste et Germanicus, qui pressentaient là les destructeurs de Rome^y les races germaniques reprennent courage. Elles viennent peu à peu à la charge ; elles attaquent ce grand corps, qui, mal gouverné, ne se défend qu'avec lourdeur; elles se poussent les unes les autres contre ce colosse. Elles y mordent et finiront par être irrésistibles, gr&ce moins à leur propre force , qu'à la diminution calculée des forces de l'empire. Aussi chaque jour depuis, la tâche des empereurs, en combattant les Barbares, devintelle plus sérieuse, et les derniers Césars, souvent plus courageux et plus dignes, purent rejeter leurs affronts sur les Césars de la première race.

Telle était la situation de Rome et de Tempire, du sénat et des proviiices, des prétoriens et de Tannée.

Mais, si abaissées qu'elles fussent, au jour où Néron du^ périr (an 68), ce furent les provinces qui donnèrent le si gnal aux légions. La Gaule, riche et vigoureuse, entrée foi tement dans la vie romaine, déjà pillée sous Caligula, accablée d'impôts par Néron, secoua la tète. Sous Sacrovir, elle avait fait trember Tibère ; Claude Tavait soupçonnée de sympathie pour Valérius Asiaticus ; Néron, de compli-

1. Suet., m Ner., 39. V. aussi Dion. Tacite, Annal,, XV, 2, 10, 14. Sur la révolte de la Bretagne (an 61), Tacite, XIV, 29; Xiphilin, LXII. Monnaies de Tan 61 avec le nom de Pavllin (Suétonius Paulinus qui soutint cette guerre); Mars, ou soldat romain écrasant sous son pied un casque ou une tête humaine.

2. V, surtout, en ce qui touche les pressentiments de César à cet égard. Cœsar, de Bello Galitco, II, 31, 33.

SA CHUTE. '2H\i

cité avec Sylla ^ Ces hommes, nos aïeux, étaient a d'une âpre et difficile nature, embarrassante pour les Césars quand ceux-ci manquaient.de pudeur, de mesure ou de dignité^. » Le propréteur Yindex, Gaulois de naissance et descendant des anciens rois d'Aquitaine, au lieu d'une armée qu'il n'avait pas, convoqua une assemblée nationale. Les vieilles races celtiques s'indignèrent à l'entendre parler de cet empereur qu'il avait vu chanter et déclamer sur la scène. Tout le centre de la Gaule, Arvemes, Séquanes, Viennois , prirent les armes ; Yindex eut autour de lui 100,000 hommes. Mais toute nation était faible contre Rome ; il fallait que cette révolte d'une « province désarmée ^, » de nationale devint militaire. Aussi Yindex fit-il un appel aux chefs des troupes romaines ; il écrivit à Galba, proconsul d'Espagne, lui demandant de u se mettre à la tète du genre humain. »

Sulpicius Galba était un ancien noble ( il descendait de Pasiphaé, mère du Minotaure, ce qui constituait sans doute une très-illustre origine) ; un vieux soldat qui s'était confiné dans d'obscures victoires sur les Bretons et les Alri- cains, pour échapper à la cruauté de Calus et au dépit ^^moureux d'Agrippine; envoyé ensuite dans l'Espagne Tarragonaise, alors que Néron <^ ne craignait pas encore les hommes placés haut ^, » Galba n'avait pas tardé à s'y effacer. 11 ménageait les traitants qu'il soupçonnait d'affinité avec Néron, mais, d'un autre côlé, il plaignait le pauvre peuple, laissait circuler des satires contre le prince,

1. Tacite, Annal,, XI, i; XIV, 57. Erectas Gallias ad nomen dictatoris.

2. Mentes dur»; retorridae, et sspe imperatoribus graves. (Lamprid., in Alex. Se*)er; 59.) — Quibua insitum, levés et dégénérantes à civitate romanâ et luxuriosos principes ferre non posse. (Pollio, in Gaflieno, 4.)

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