Plutarq., in Gaibâ
et, daDS la crainte d'une disgr&ce, ne voyageait pas sans on million de sesterces en or. Un tel homme ne pouvait devenir empereur qu'en un péril extrême, ni se révolter que par prudence *.
Or, il reçut à la fois la lettre de Vindex , une autre du gouverneur d'Aquitaine qui l'appelait à son secours contre Yindex, enfin un message intercepté^ par lequel Néron donnait ordre de l'assassiner. Dès lors les oracles et les prodiges ne manquèrent pas, selon Thabitude de ce siècle, pour l'encourager à la révolte. Il n'avait qu'une légion , mais il comptait, comme Yindex, sur le mouvement national ; comme lui, dans une assemblée de la province, en face des images de ceux que Néron avait fait périr, il harangua le peuple, envoya des proclamations par toute l'Espagne , leva des légions espagnoles , forma un sénat d'Espagnols, et fit mettre aux portes de sa chambre une garde de chevaliers ; c'était une Rome ibérique qui se soulevait contre la vieille Rome.
L'éveil était donné, le secret de l'empire trahi ; on apprenait tt qu'un empereur pouvait se faire ailleurs qu'à Rome *. » Tout l'Occident s'agite; des généraux qui avaient repoussé et même trahi de précédentes insinuations de Vindex , à la nouvelle du mouvement de Galba , se lèvent pour être ses auxiliaires ou ses rivaux. Claudius Macer, en Afrique, songe à s'emparer de l'empire, et arrête les convois de blé qui partent pour Rome. Fonteius Capito, dans la Germanie inférieure , commence aussi à se soulever ^- Othon, en Lusitanie, se joinl à Galba. Homme de cour, Othon prête à Galba sa vaisselle et ses esclaves, plus dignes
1. Suet., in Galbd, 1-9. Tacite, HùL, I, 15, 49. Plutarq., m Galbd,