Qualis artifex pereo
jusqu'à ce qu'il mourût. Ëifrayé, il saisit deux poignards qu'il avait sur lui, en essaya la pointe, et les cacha ensuite, l'heure fatale, disailr-il, n'étant pas encore arrivée ; puis il exhortait Sporus à pousser des lamentations funèbres et à se frapper la poitrine; il suppliait l'un de ses compagnons de l'encourager par son exemple à mourir; il se reprochait sa propre lâcheté : « Je vis pour mon déshonc( neur. C'est honteux! Néron, c'est honteux M il faut du « ccBiu* aujourd'hui. Allons, réveille-toi ! »
(c Mais déjà arrivaient des cavaliers avec ordre de le saisir vivant. Au bruit des pas, il s'écria en tremblant :
« Le galop des coursiers a frappé mon oreille * ! »
« Enfin, aidé par Épaphrodite, son secrétaire, il se perça la gorge. 11 respirait encore , lorsque arriva le centurion , qui , étanchant la plaie avec son habit, feignit d'être venu pour le secourir. Tout ce que dit Néron fut : ce II est trop tard ! » et : (c Yoilà donc cette foi jurée ! » 11 mourut sur cette parole,ses yeux sortant de leurs orbites et prenant un regard immobile qui fit frissonner les assistants. Ce qu'il avait le plus instamment demandé A ses compagnons, était que personne ne s'emparât de sa tète, et qu'on le brûlât comme on pourrait , mais tout entier. On obtint cette permission d'icelus, affranchi de Galba, à peine sorti des fers, où, à la première nouvelle des troubles d'Espagne, on l'avait jeté '. »
Ce récit n'est-il pas plein de vie et de lumière? Cet empereur qui la veille ne croyait pas devoir compte d'une vie humaine plus que d'un écu de sa bourse ; non pas at-
i* où irpt«u Iftpfi^v^ ou irpimi. x. t. X.