‹ Les CésarsChapitre 298 sur 321 · Qualis artifex pereo · texte numérisé non relu

Qualis artifex pereo

jusqu'à ce qu'il mourût. Ëifrayé, il saisit deux poignards qu'il avait sur lui, en essaya la pointe, et les cacha ensuite, l'heure fatale, disailr-il, n'étant pas encore arrivée ; puis il exhortait Sporus à pousser des lamentations funèbres et à se frapper la poitrine; il suppliait l'un de ses compagnons de l'encourager par son exemple à mourir; il se reprochait sa propre lâcheté : « Je vis pour mon déshonc( neur. C'est honteux! Néron, c'est honteux M il faut du « ccBiu* aujourd'hui. Allons, réveille-toi ! »

(c Mais déjà arrivaient des cavaliers avec ordre de le saisir vivant. Au bruit des pas, il s'écria en tremblant :

« Le galop des coursiers a frappé mon oreille * ! »

« Enfin, aidé par Épaphrodite, son secrétaire, il se perça la gorge. 11 respirait encore , lorsque arriva le centurion , qui , étanchant la plaie avec son habit, feignit d'être venu pour le secourir. Tout ce que dit Néron fut : ce II est trop tard ! » et : (c Yoilà donc cette foi jurée ! » 11 mourut sur cette parole,ses yeux sortant de leurs orbites et prenant un regard immobile qui fit frissonner les assistants. Ce qu'il avait le plus instamment demandé A ses compagnons, était que personne ne s'emparât de sa tète, et qu'on le brûlât comme on pourrait , mais tout entier. On obtint cette permission d'icelus, affranchi de Galba, à peine sorti des fers, où, à la première nouvelle des troubles d'Espagne, on l'avait jeté '. »

Ce récit n'est-il pas plein de vie et de lumière? Cet empereur qui la veille ne croyait pas devoir compte d'une vie humaine plus que d'un écu de sa bourse ; non pas at-

i* où irpt«u Iftpfi^v^ ou irpimi. x. t. X.

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