‹ Les CésarsChapitre 299 sur 321 · Suet., m Ner., 48, 49, et Xiphilîn, LXIII, p · texte numérisé non relu

Suet., m Ner., 48, 49, et Xiphilîn, LXIII, p

taqué , non pas menacé par une révolte présente , mais nuitamment et à petit bruit déserté par la garde de service; perdu uniquement parce qu'il est seul; renversé moins par la force d'autrui que par sa peur, par rcsprif universel de trahison, par la nouvelle de la révolte au moment où la révolte s'éteint ! — Cet homme qui, n'étant ni poursuivi, ni condamné encore, ayant le monde ouvert devant lui , renonce à ses projets de défense comme à ses projets de fuite, et voit bientôt, si lâche qu'il soit , que sa seule ressource est de mourir ; qui est reçu par grAce, el en grand secret , dans la cave de son affranchi, accompagné de deux autres et d'un misérable, jouet dégradé d'une cruauté infâme, son dernier pourtant et son plus fidèle serviteur ! Enfin l'affranchi d'un vieillard absent et d'un empereur douteux encore, sans mission de personne, découvrant à l'instant cette retraite si soigneusement cachée, et dans sa miséricorde, accordant le bûcher au dernier des Césars! N'est-ce pas là une révélation toute vivante du monde romain?

Cependant le sénat, hardi de la seule inaction des prétoriens, proclame Galba. Le peuple applaudit, court par la ville avec le bonnet de l'affranchissement sur la tète, brûle l'encens aux temples, renverse les statues de Néron, met à mort les ministres de ses cruautés * . Mais d'un autre côté (tant il est vrai qu'une partie du peuple l'aimait sans oser le défendre !) , ses deux nourrices et sa concubine Acte *

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