‹ Les CésarsChapitre 32 sur 321 · PluU in ("icer · texte numérisé non relu

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daine. Nobles et parvenus^ sénateurs et chevaliers, aristo-^ crates et gens de finance, si violemment en guerre les années précédentes, s'unirent au moins pour un jour. Les vieux nobles consentirent à porter au consulat Cicéron, rhomme nouveau, l'homme des chevaliers (an 690). Cicéron et César étaient la monnaie de Pompée absent; Tun avait son crédit sur les riches, l'autre Vintérim de sa popularité : César, avec tout son génie, n'était encore, à trentesix ans, que le plus mauvais payeur de l'empire et l'idole en second de laplebs romaine.

C'est alors qu'éclata le mouvement révolutionnaire de Catilina, une des plus curieiLses phases de l'antiquité romaine (691).

Lucius Sergius Catilina était un patricien, compagnon de Sylla, et qui avait largement versé le sang des proscrits. La tradition nommait parmi ses aïeux un Sergius Silus, qui, blessé vingt-trois fois dans les guerres Puniques, avait fini par combattre comme Goetz de Berlichingen avec son bras mutilé garni d'une main de fer. Ainsi , sa naissance Tunissait au patriciat écrasé par la prééminence de la nobilitas; les souvenirs de sa vie militaire, aux vétérans de Sylla, ruinés pour la plupart; la similitude de son désastre, à tous les banqueroutiers de Rome, de l'Italie, des provinces même.

Avec cela, hardi, patient, capable même de bien; ses vertus de soldat avaient séduit plusieurs honnêtes gens, Cicéron lui-même * ; comme aussi ses vertus de joueur, de bravo et de débauché séduisaient le reste. Autour de ce Mirabeau soldat, qui maniait la parole comme l'épée, tout ce qui avait besoin de révolution affluait : ainsi de jeunes

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