Sallust., m CatU., 22. Appien
»8 JfLES CESAR.
Le peaple crut alors à tous les crimes des conjurés. Ils avaient sollicité le secours des étrangers, appelé à eux les Gaulois. Le plan de la conjuration passait de bouche en bouche; les rôles, disail^on, étaient distribués. Cassius devait incendier Rome, Cethegus égorger le sénat; Catilina, aux portes, immolerait les fugitifs ; le fils tuerait son père, la femme son mari ; la flamme éclaterait dans douze quartiers; déjà des amas de combustible se préparaient, les aqueducs allaient être bouchés !
Cicéron est aux rostres, ralliant tout ce qui est menacé, tout ce qui possède : sénateurs, chevaliers, scribes du trésor, simples affranchis. Il en appelle même aux boutiques, tenues en général par des esclaves; il évoque l'industrie au nom du repos dont elle a besoin ' ; cette évocation des intérêts privés me rappelle nos journaux ministériels en temps d'émeute (1841). Le sénat a gagné sa cause. Les grands seigneurs de la finance, les chevaliers, l'armée habituelle de Cicéron*, formés autour de lui, en garde nationale, dirions-nous, occupent le Gapitole, gardent les avenues de la Curie, emplissent le Forum sur les pas de leur consul. Le peuple a entendu la voix de Jupiter, le ciel a parlé ^ par des prodiges ; le peuple, dont un humble mobilier est toute la fortune ^, est épouvanté des projets d'incendie qu'on lui révèle ; et, quand bientôt Caton lui fera distribuer par le sénat pour 1 ,250 talents ^ de blé gratuit, l'exécration sera unanime contre Catilina.