fr, Plutarque, cité plus haut
COMMENCEMENTS JUSQU'a LA GUERRE CIVILE. M
Cependant Cicéron instruisait contre les conjurés avec toute la réserve d'un légiste romain, les invitait à passer chez lui^ de là les menait au sénat, donnant la main à Lentulus qui était préteur. Après même qu'ils eurent tout avoué, on ne les mit pas en prison ; on les logea chez des magistrats qui répondaient d'eux. Cicéron tenait à garder toTLS les procédés.
Le sénat s'assemble pour les juger. César, pour venir parler dans ce sénat où Crassus n'ose paraître, traverse une haie de fougueux chevaliers qui le menacent de leurs épées. César parle : il maudit la conspiration ; mais, légiste philanthrope, il ne veut pas d'une mort servile pour d'aussi nobles tètes ; il parle à l'esprit gentilhomme des uns S il parle à la peur des autres, il fait craindre au sénat sa responsabilité en face du peuple. Le sénat s'e£fraie, revient sur son avis, va opiner pour la prison perpétuelle (perpétuité à laquelle personne ne pouvait croire). — La réponse de Cicéron est indirecte, mais habile ; il compromet César dans la cause du sénat, fait remarquer au peuple la malédiction de César contre les conjurés, sa part à toutes les mesures du sénat, sauf un scrupule légal qui le fût reculer devant la peine de mort; il s'associe, en un DQot, devant le peuple, ce populaire et bien-aimé oomphee ^. — Mais Caton, lui, va droit au fait, traite César de malhonnête homme qui a pitié de quelques scélérats, et n'a pas pitié de sa patrie , Caton parle aux riches, comme César a parlé aux nobles ; la vertu les ennuie, il ne leur prêchera pas la vertu ; ce n*est pas la patrie qu'il faut sauver, oe sont leurs villas et leurs viviers ^. — Là-dessus on ap-