‹ Les CésarsChapitre 4 sur 321 · POUR LA QUATRIÈME EDITION. IX · texte numérisé non relu

POUR LA QUATRIÈME EDITION. IX

sérieux. En Allemagne, c^est le Nord, protestant et rationaliste, qui prétend absorber le Midi, catholique et croyant. En Autriche , une nation ou les représentants d'une nation qui a souffert de terribles désastres, ne croient pouvoir réparer les plaies de la guerre contre l'étranger qu^en entreprenant la guerre contre l'Église, et se vengent des traités déchirés par les armes en déchirant les traités les plus sacrés avec la plus sainte et la plus désar* mée des puissances. En Italie , c'est le vicaire de Jésus- Christ insulté, calomnié, maudit, attaqué, assiégé, au liom de cette nation dont il faisait la gloire, et dont il a fait tant de fois le salut. C'est Rome, la capitale du christianisme, prête à tomber entre les mains des lansquenets d'un nouveau connétable de Bourbon et de ces soldats de la révolution européenne, si braves lorsque leur ennemi n'est point armé. Partout où la révolution se fait, elle se fait colatre TÉglise; partout où l'on attaque, où l'on pousse des crisde guerre, où, sans être provoqués, on met en marche' des soldats, disons-lfe à l'honneur de l'Église, c'est contre l'Église.

Et les peuples s'en doutent à peine ! Et ils croient encore à des banalités politiques qu'on leur jette et que le lendemain on leur dit d'oublier, qu'on exalte et dont on se moque, qu'on soulève et qu'on abandonne! Ils ne

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voient pas que le seul but sérieux, c'est la guerre au chris-^ tianisme; que la main cachée qui les mène se soucie peu de ce qu'on appelle liberté, égalité, nationalité, progrès, démocratie, pourvu qu^elle les fasse marcher, de gré ou de force , le sachant ou ne le sachant pas , contre le christianisme, contre le salut et le trésor de leurs âmes, contre le principe de leur civilisation , de leur Uberté, de leur progrès, de leur bonheur, de leur vertu.

Mais la déception est trop grossière. Les masques finiront un jour par tomber. On désertera ces oracles menteurs comme les païens dégoûtés ont fini par déserter la Pythie. On cessera un jour de se laisser prendre à ces vaines et emphatiques paroles qui retentissent encore aux oreilles des hommes ; ou plutôt, on en cherchera le sens, et ce sens dans ce qu'il a de bon, de juste, de souhaitable, on le trouvera réalisé dans le christianisme. Les rois cesseront de craindre cette faction antichrétienne dont ils subissent l'obsession. Les peuples ne se laisseront plus mener si aveuglément dans des voies qu'une fois les yeux ouverts ils reconnaîtront funestes et insensées. Rois et peuples n'obéiront plus à ces mots d'ordre que leur signifié la révolution européenne. Les épreuves et les luttes ne cesseront pas pour cela, parce que les épreuves et les luttes sont de tous les siècles ; mais peut-être marchera-t-on au combat et à l'é-

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