Plut., m Cœtt
décuplent en la rendant présente partout. L'un «t Tautre, pour la manier ainsi, ont commencé par se la rendre propre et par mêler son âme à leur Ame. Cette armée si prompte et si docile , et qu'ils opposent à tant d'ennemis à la fois, eux-mêmes l'ont faite , par cette puissance morale qui fait seule les grands généraux. César domine ses soldats par l'amitié , par la rigueur ; il punit la trahison et la révolte , il pardonne le reste ; il leur donne de l'or, il leur permet, après la victoire, le repos, les plaisirs, le luxe, les armes d'or et d'argent, a Les soldats de César peuvent vaincre, dit-il , même parfumés. » Mais une fois en marche, ni l'heure du départ, ni l'heure du combat n'est connue ; il faut être toujours prêt. César affecte de partir tout à coup, les jours de repos, au momept des orages ; il recommande qu'on le suive, et il s'éloigne, il se dérobe ; il faut que son armée le cherche et s'accoutume à la fatigue en marchant comme son général. 11 appelle ses soldats camarades , il les aime , il pleure leur mort ; après le massacre d'une de ses légions^ il se laisse pousser la barbe jusqu'à que cette légion soit vengée. Mais s*il voit ses soldats se troubler , s'ils p&lissent en pensant aux géants de la Germanie qu'ils vont combattre * , s'ils font leur testament , s'ils pleurent sur leurs enfants et leurs femmes ; César en prend son parti : il laissera là les pleureurs, il ira seul en avant, lui et sa dixième légion, sa « vieille garde. » En Afrique les soldats s'effraient des récits qu'on leur fait sur rapproche du roi Juba et de ses forces immenses : César ne craint pas d'exagérer encore le sujet de leur crainte ; « Il est vrai que le roi sera ici dans peu de jours, avec dix légions, 30,000 chevaux, 100,000 hommes de