Plut., in Cœs., 10. Suet
pÀtre d'une taille colossale et d'une beauté singulière^ qui jouait sur une flûte de berger, et quand il eut amassé les soldats autour de lui, il saisit une trompette, s'élança dans le fleuve et le traversa, en la faisant résonner avec force. La conscience patriotique des soldats avait sans doute besoin de cet encouragement. (( Allons, dit César, où nous appellent les présages des dieux et l'injustice de nos ennemis ; les dés sont jetés. » Et, comme parle Tite-Live *, il marcha contre l'univers avec S, 000 hommes et 300 chevaux (janvier 70S ).
§ ilL — LA GUERRE CIVILE ET LA DOMINATION DE CÉSAR.
Après vpus avoir traînés si longtemps sur ces misères d'un empire qui tombe, j'ai par compensation à vous proposer un spectacle plus digne, celui du génie de César dans son parfait développement. La guerre civile est l'époque de sa maturité et de sa grandeur. César a un grand crime à se faire pardonner, car le patriotisme n'est p^ tombé si bas que même César ait pu passer le Rubicon sans remords. Il se fera pardonner ce crime à force de clémence et de génie.
L'idée d'une guerre civile tenait l'Italie dans 1 .;>ouvante. La guerre civile, telle qu'on la connaissait depuis Sylla, c'était le piUage, les proscriptions, la confiscation des biens, l'abolition des dettes, le retour des exilés ( ce dernier symptôme apparut toujours à l'antiquité comme quelque chose de sinistre ) ; et quand Tltalie pensait que le parti de César était le parti des aventuriers, des gueux et des débiteurs, sa terreur était encore plus grande ^. '