‹ Les CésarsChapitre 52 sur 321 · Tit.-Liv., apud Oros., VI · texte numérisé non relu

Tit.-Liv., apud Oros., VI

2. Tabula; novsp, exsulum rediius, in lx)na invasio, ciedes. (Cic, ofl Al-

Aussi, à la nouvelle du passage du Rubicon , tout le moDde fut consterné. Le sénat cria . Sauve qui peut ! et déclara traître quiconque ne fuirait pas avec lui. Pompée n'avait rien fait ; il avait promis dix légions, & peine en avait-il deux. 11 lui suffisait, avait-il dit, de frapper du pied la terre pour en faire sortir des légions : « Frappe donc la terre, » lui dit- on maintenant. Rien n'égale son trouble et sa faiblesse : « 11 n'est pas homme politique, je le savais ; il n'est pas soldat, je le sais maintenant; n c'est ce que disait de lui Cicéron peu auparavant ^ Au milieu du désarroi général, Caton seul prit une grande résolution; il jura de ne plus couper sa barbe ni ses cheveux : mais il partit, et avec lui un long cortège de magistrats' et de consulaires couvrit les routes et se rencontra avec les populations italiennes en chemin pour se réfugier dans Rome.

Mais il ne convenait pas à César d'effirayer les honnêtes gens. Les airs de bandit ne lui allaient plus. Il ne voulait p&A vaincre en malhonnête homme, quoiqu'il eût souvent lutté en malhonnête homme. Pour faire que toute vertu et tout honneur ne fussent pas du côté des vaincus, César prétendit être dans cette guerre le plus humain et le plus géné;^ax. L'aristocratie avait pour elle la morale des lois et de Tantiquité; César eut pour lui une morale nouvelle^ ou plutôt une morale qui n'appartient qu'à lui dans les temps antiques, celle de l'humanité et de la clémence. Il

/ic, X, 8.) Ëgesiates lot egeatissîmorum hominum Udibinee, auda-

ris... sumptus. [Ibt'd., IX, 7.) Caesar... Phaiaris erit an Pisistratus? {Ibid., \\l, 20.) Gésar^ disait alors Cicéron^ ne sera pas meilleur que Sylla. (ibià.,

vu; 7.)

i. Nil timidius, oil perturbatius. (Gic, ad Aitic,<t VII^ 13.) Homo et âiEoXiTucÀTaTo;, ut anteà putabam, nunc et darpaTirYUBMTdtToc. (Ibid., VIII, 16.) r. encore VII, 19, 20.

se refit honnête homme, lai et son parti. Suivit^il un instinct de cette Ame pour qui la vengeance, ce plaisir des dieux 9 était un mets insipide? Ou comprit-il combien , après les épouvantables tueries de Sylla, une victoire toute compatissante étonnerait les peuples et les gagnerait? Y eut-il vertu ou calcul? L'un et l'autre, sans doute; mais qu'importe? Il faut en certains cas de la vertu pour suivre ses intérêts, et il y a tel calcul que ne fera jamais un méchant honune.

Au premier moment, César marche plus au milieu de Tétonnement que de Tamour ; c'est, comme aux Cent-Jours, une marche rapide et triomphante ; les troupes du sénat sont de vieilles troupes de César. Les garnisons passent à l'ennemi, chassent ou livrent leurs che& ; les villes ouvrent leurs portes; les peuples sont stupéfaits, silencieux. Mais dès qu'on voit ce neveu de Marins marcher en avant sans désordre, sans pillage ; contenir ses troupes de la même voix qui les appela souvent à la licence ; quand un chef pompéien tombe entre ses mains, lui donner la vie, lui donner la liberté et la liberté de rejoindre Pompée, lui rendre même le trésor de Pompée', faire de lui un messager de paix ; renouveler des offres sans cesse rejetées avec entêtement^; déclarer qu'il estime son ami quiconque ne lui fait pas la guerre, tandis que Pompée déclare son ennemi quiconque ne le suit pas^ : alors, toute l'Italie vient au-devant de lui, paysans et citadins, tout ce peuple, en un mot, qui faisait, il n'y a pas un an , fumer l'encens pour la convalescence de Pompée, et transfonnait le voyage

1. Sur la clémence de César cuvers Domitius pris II Corfinium, F. Scnèque, de Henef., III, 24; Suétone, Pline, Plutarque.

2. Tontes les lettres de Cicéron à Atticus, et sa correspondance avec Ce- . sar et les amis de César. Ait, Vil, 12, 17; VIII, IX, X; Fam,, XVI, 12.

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