‹ Les CésarsChapitre 53 sur 321 · Suet., m Cœs · texte numérisé non relu

Suet., m Cœs

de Pompée en triomphe. Les gens à argent se Féconcilient avec ce général des prolétaires qui leur laisse a leurs belles petites villas et leurs chers petits écus'; » César enlëye ritalie sans coup férir, et^ au bout d'un ou deux mois , il tient Pompée enfermé dans Brindes, barre presque entiè* rement le port, si bien que le grand Pompée eut à peine une passe étroite pour abandonner à jamais l'Italie.

Et ces Pompéiens qui n'osent mener leurs troupes contre César, parce que ces troupes reviendraient à leur ancien général ; ces Pompéiens , dans leur fuite à travers TApennin , imt toiqours leurs beaux esclaves et leur vaisselle d'or ; ils ont des festins magnifiques où ils se partagent les dépouilles de l'Italie : « L'Orient leur appartient; là est la force de leur parti; ils tiendront la mer, ils occuperont rÉgypte et l'Afrique, affameront l'Italie et Rome, jetteront sur elles leurs alliés barbares de l'Orient, ravageront les campagnes, brûleront les villes, proscriront les riches, gorgeront d'or leurs soldats, livreront la Péninsule aux esclaves, d II y a là des débiteurs comme il y en a au camp de César; mais ceux-ci fient leur fortune à leur général, ceux-là, trop grands seigneurs pour ne pas fidre eux-mêmes leôr part, stipulent chacun pour soi : « Vive Sylla ! Pompée est élève de Sylla ! Pompée ne rêve que Sylla et proscription *. »

Et, au contraire, le vainqueur César ne parle que paix et conciliation ; tout ce qu'il demande , va-t-il jusqu'à dire, c'est de vivre en sûreté sous la domination de Pom-

i. Villulas et niimmulos. (Cic, ad Ait., VIII, 13; VIIÏ, 12; IX, 13.) 2. Sullaturit animusejusetproecriptunidiu. {Ibid.^Xl, 10.) MerasproscriptioDes, meros SoMas.. . Causa agetar foedissimè... utrinque difflcultas pecuniaram . . . Leura dettes, leurs beaux soupers, leurs discours. « Sois sûr que si Pompée l'emporte, il ne restera pas une tuile en Italie. » Tout le 9« livre à Att., entre autres 7, 9, 11, 13, 14. V. aussi VII, 22^ 20^ 25; Vlll, l, 2, 3, 8, 9, 11, 16; IX, 9; XI, 6; Fam., IV, 14.

pée K César écrit à Cicéron ces belles paroles, hypocrites si Ton veut; mais puisse*t-il, dans les révolutions à venir, y avoir beaucoup de tels hypocrites !

<K Tu me connais bien et tu as raison de dire que rien n'est plus loin de moi que la cruauté... Je me réjouis de te voir approuver ma modération ; et peu m'importe si ceux que j'ai rendus libres, pensent, comme on le dit, à rentrer en hostilité avec moi ; je ne désire rien tant que de les voir rester ce qu'ils sont et moi demeurer ce que je suis *. »

Et & ses propres amis, Oppius et Balbus :

a J'ai résolu de montrer la plus grande douceur et de tout faire pour me réconcilier avec Pompée. Essayons si , en conciliant toutes les volontés, nous ne pourrons pas nous assurer une victoire durable ; car la cruauté n'a servi qu'à attirer la haine et n'a garanti personne contre les revers : j'excepte le seul Sylla que je ne veux pas imiter. Je veux m'imposer cette loi nouvelle dans la victoire : de ne me fortifier que par la miséricorde et la clémence. Quant aux moyens, plusieurs pensées me sont venues, d'autres me viendront peut-être : vous-mêmes pensez*y^. »

On ne pouvait croire à tant de clémence. Quand César vint dans Rome déjà tranquille et où les honnêtes gens, dit Cicéron, se remettaient à faire l'usure ; lorsqu'après avoir, tant bien que mal, légalisé son pouvoir à titre de consulat et de dictature *, il voulut avoir de l'argent et enfonça les

h, Nil malle GaMarom quàm Pompeio principe sine metu agere (Cic. eut Att, Vlll, 9.)

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