‹ Les CésarsChapitre 54 sur 321 · Ibtd., IX · texte numérisé non relu

Ibtd., IX

4. V. les moanaies de César qui portent C. Gaesar cos ter (708) ; — dict.

TER (708); — DICT. QVATER (709j; DICT. PERPETVO (710); PARENS PAIRIE

(710'. Tète de César, couronné de lauriers (709 et 710). Tète de Vénus^ Vénus Vicirix, le mot d'ordre de Pharsale (709). Junon. Gérés, clembn- TiAB Gaesaris, etc.

portes du temple de Saturne : un mot un peu dur à un tribun qui lui résistait, quelques coups de sifSetque ce mot lui valut au théâtre, suffirent pour que Ton supposât sa clémence à bout. La contrainte avait été assez longue, disait-on ; César ne rêvait plus que violences; la tyrannie et les proscriptions, le cours naturel des choses allait venir ^ — Mais quoi! César était loin; il ne proscrivait pas en Italie, il allait combattre en Espagne.

Ici commence une série de guerres prodigieuses par leur rapidité, leurs hasards inouïs, la singulière fortuné de César. César savait que le parti pompéien n'était pas vaincu, car il tenait les provinces et la mer. Le sénat, pas toujours maître en Italie où il avait affaire aux caprices du peuple, était tout-puissant dans les provinces : il avait eu le temps de donner des proconsulats aux amis de Pompée, et un proconsul disposait de toutes les forces d'une contrée, rois, cités, peuples y compris. L'Espagne surtout, théâtre des premières victoires de Pompée , pleine de ses clients et de ses obligés, l'Espagne était depuis cinq ans sa province, c'est-à-dire sa réserve et son château fort. Pendant que Pompée passait en Grèce^ César, habitué & frapper au cœur, allait l'attaquer en Espagne : « Allons, disait-il, combattre une armée sans général pour revenir combattre un général sans armée. »

Cette campagne de la Péninsule passe pour la plus belle de. César. Il y tira un merveilleux parti de ses vaincus de la Gaule, de sa cavalerie gauloise, de l'infanterie légère des

1. C'est oe qu'écrit Céliofl à Gicéron, et Gicéron lui-même : Nihil niai atrox oogitat et loquitur.... simuiationem amisit mansuetudinis in Metello, conti- Tientûe in serario... Ge règne ne peut pas durer six mois .. Gésar consent à être appelé tyran et Test en effet...; il n*a été clément que parce qu'il a vu la clémence populaire... Il n'a jamais vu l'ombre de ce qui s'apelie le beau (tw JMiXoO). Fani., VIII, 16; ad Att, VII, 13; X, 4, 5, 7, 8.

\Aî JULES CESAR.

Germains. Et quant aux légions^ il se les attacha par un singulier moyen ; il emprunta aux of&ciers pour prêter aux soldats, et ainsi les lia tous à sa fortune.

Parmi les campagnes de César, il n'en est pas une où, eomme de gaieté de cœur, il ne se soit jeté au moins une fois dans quelque incroyable danger d'où sa fortune, plus encore que son génie, devait le faire scnrtir. Pris entre deux rivières dont les eaux débordent, les ponts emportés, il n'a que dix lieues de terrain pour faire vivre ses troupes; les agiles Espagnols passent à la nage sur des oufa*es et viennent harceler son eamp. Le blé s'y vend SO deniers (39 fr.) le boisseau (8 litres 67 ). La nouvelle de ce danger arrive en Italie ; on croit César perdu ; bien des sénateurs, incertains jusque-là, vont réjoindre Pompée.

Mais César échappe à ce péril , et l'ennemi bat en retraite. César, pour lui couper le passage, fait un détour, traverse la Sègre ayant de Teau jusqu'au cou, franchit des roches escarpées, où les soldats passent un à un , posant leurs armes et se les remettant de main en main ; César gagne de vitesse, et se poste sur la hauteur en face de l'ennemi.

Celui-ci vaincu^ restait dans le midi de l'Espagne une seconde armée pompéienne. Mais César, qui avait gagné la première autant qu'il l'avait combattue, voit bientôt venir à lui citoyens et soldats, Romains et Espagnols; il pardonne aux chefe, laisse aux soldats la liberté ou de s'incorporer dans ses troupes, ou de rester en Espagne, ou de revenir en Italie; n'inflige que des amendes à ses plus grands ennemis, et avant son départ donne audience à tout le midi de l'Espagne dans Cordoue, à tout le nord dans Tarragone. La Péninsule avait été soumise en quarante jours; César, qui avait laissé ses lieutenants au siège de

GUERRE CIVILE ET DOMINATION DE CESAR. i43

Marseille^ les y retrouva, et reçut la soumission de la cité phocéenne que, par respect pour son antiquité et ses lu* mières, il avait défendu de prendre d'assaut.

Il était temps qu'il revint. Partout où il n'était pas, sa cause succombait. Ses lieutenants venaient d'ôtre défaits en Dlyrie et en Afrique. Pompée avait eu toute l'année pour se fortifier dans la Grèce : au nom du sénat, les trésors des publicains, les greniers de Thessalie et d'Egypte lui étaient ouverts ; l'Orient^ qu'il avait vaincu dans la guerre de Mithridate, était comme son fief; rois et peuples étaient ses clients. L'Orient civilisé redoutait ce César que suivaient les barbares de Germanie et de Gaule ; les cités de la Grèce firent, en soutenant Pompée , leur dernier effort pour leur liberté.

Pompée avait neuf légions formées de ces vétérans qui, dispersés par la victoire, avaient pris domicile dans toutes les parties du monde ; les auxiliaires de Crète , de Lacédémone, de toute la Grèce ; 7,000 hommes de cavalerie étrangère, une cavalerie romaine composée de toute la jeune noblesse, plusieurs rois, 200 sénateurs, 500 vaisseaux sur l'Adriatique. Pompée croyait la victoire assurée à qui tenait la mer, et comptait, comme Thémistoele, sur des murailles de bois pour son triomphe '.

En lace de cette puissance, César passe l'Adriatique avec 20,000 hommes seulement (an 706), laissant le reste, foute de vaisseaux. A peine est*il passé, l'Adriatique se ferme derrière lui; Bibulus, l'amiral de Pompée, tient la mer. César, avec si peu de monde, hésite à attaquer; ses soldats s'impatientent: a César peut bien compter sur eux, disentils, et les mener seuls à l'ennemi. x> De l'autre c6té de

!• K. Cicéron : Consiltum dueis nottrt orone Thenristocleum est.

l'Adriatique, ses légions montent sur les falaises pour voir revenir la flotte qui les portera. César, qui croit être mal obéi par ses lieutenants, se déguise en esclave, monte sur une barque, traverse de nuit toute la flotte pompéienne. (C'est alors qu'il aurait dit ce mot, douteux comme la plupart des mots célèbres : a Tu portes César et sa fortune. »

Ses légions lui arrivent enfin, presque en dépit de leurs chefs. César, avec onze légions, mais onze légions mutilées (40^000 hommes seulement \^ assiège Dyrrachium, le quartier général de son ennemi. Pompée Ty suit. César, avec des forces inférieures^ essaie d'investir Pompée dans une de ces terrihlescirconvallations qu'il pratiquait pendant la guerre des Gaules. Les deux armées souffrent de la faim. Les soldats de César n'ont pour faire du pain qu'une racine insipide qu'ils mêlent avec du lait; mais ils jurent de rester là tant que la terre produira de cette racine. Ils jettent de ce pain dans le camp de Pompée , qui s'empresse de le faire cacher, pour que ses soldats ne voient pas « à quelles bètes féroces ils ont affaire. »

Mais une attaque subite trouve le courage des Césariens au dépourvu. César prend par le bras les fuyards qui se dégagent et lui échappent ; les aigles qu'il saisit lui restent dans les mains ; un porte-drapeau qu'il veut retenir lui met l'épée sur la poitrine. Ces dangers extrêmes sont communs dans la vie de César. Ce jour-là, si Pompée eût osé attaquer son camp, il était perdu ; il en convenait.

Mais le lendemain, ses soldats, revenus à eux, ne demandent qu'à être châtiés. César les console ; mais il faut songer à la retraite, et, à travers des gorges inaccessibles et des fleuves profonds, il gagne la Thessalie sans perdre un seul homme, ayant sur Pompée un jour d'avance.

Les Pompéiens le suivaient en triomphe ; ce parti aurait

ea bien garde de disputer à César les avantages que lui donnaient sa modération et sa clémence. Des députés qu'il envoyait chaque jour avec des propositions depaiin'étaient pas entendus. En vain Gaton , doué d'une àme tendre, malgré une philosophie inflexible, philanthrope plus désintéressé que ne Tétait César, avait-il fait décider que nul prisonnier romain ne serait mis à mort, que nulle ville alliée ne serait pillée; on ne tenait aucun compte de cette résolution à la fois humaine et politique. Bibulus, qui n'avait pas su empêcher le débarquement de César, arrêtait au retour les matelots qui avaient conduit César et les égorgeait. On tuait les prisonniers de sang-froid : Labiénus, déserteur du camp de César, disait à ses anciens camarades, dans une entrevue : « Nous ferons la paix quand vous nous apporterez la tête de César. » Et, au combat de Dyrrachium, il s'était raillé des prisonniers césariens : a Sont-ce donc mes vieux camarades qui fuient ainsi ? » et les avait fait massacrer.

L'homme de sens et Thomme de cœur, Cicéron et Caton^ étaient restés à Dyrrachium. Caton avait l'âme trop douce pour la guerre civile : au combat de Dyrrachium, en voyant égorger tant de citoyens, il n'avait pu retenir ses larmes ; il s'était voilé et était resté dans sa tente. Cicéron, qui voyait plus clair encore dans les misères de son parti, était triste, amer, ironique, et Pompée souhaitait tout haut que ce railleur pass&t au camp de César.

Les Pompéiens se faisaient déjà le partage des dépouilles : celui-ci aurait le grand pontificat que la mort de César allait laisser vacant; celui-là, les villas et les jardins de César. D'autres faisaient louer des maisons sur le Forum, afin d'être à portée de solliciter les suffrages aux prochains comices ; d autres intriguaient dans le camp pour avoir

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des voix. Le butin devait être magnifique. Fortune des ennemis, des neutres, des indifférents, on se partageait tout, jusqu'aux biens du prudent Atticus. Quiconque était resté en Italie n'était qu'un traître; Cicéron lui-môme, pour être venu un peu tard, s'était compromis avec ces tUtrà. Les partis qui reposent sur un principe et défendent une légitimité^ quoique plus moraux, sont parfois plus sujets à ces violences; il leur est moins permis d'absoudre la neutralité ; ils se croient forcés de dire ce que Dieu seul peut dire avec justice : « Qui n'est pas avec moi est contre moi *. » Mais il n*y a, du reste, pas de comparaison entre Coblentz et Pharsale ; l'émigration pompéienne était nonseulement violente, mais sanguinaire : « Sylla, disait-elle, n'était qu'un enfant quand il s'amusait à dresser des tables de proscription. On proscrira, non par tètes, mais par masses. r> Domitius^ sauvé pourtant par César, avait en pocbe une loi des suspects et un code de procédure pour le tribunal révolutionnaire ^.

€omme il arrive souvent , ce parti détestait son chef. Quand, au milieu de ces cris de vengeance. Pompée veut temporiser, attendre que la faim lui fasse raison de César, ne pas commettre ses conscrits contre les vétérans césariens ; Pompée est un autocrate ! Il aime à prolonger les jouissances de sa dictature ; il aime avoir une cour de sénateurs auprès de lui, des rois à son lever! C'est un roi des rois, un Agamemnon ! Favorinus, mauvais philosophe, lui dit : <K Je ne mangerai donc pas cette année des figues de

1. MaUh., XII, 30. Bt au oontfaire, Dieu dit aux hommefl : q Qui n'est pas contre vous est pour vous. » Marc, IX, 39.

2. Cic, ad Ait,, XI, 6. Praeter ducem et paucos alios, anlmi rapacea, crudeles, ità ut victoriam horrerem... Maximum a» alienum... Nil boni prseter causam. (Fam., VII, 3.) C'est le contraire de ce que Cicéron disait tout à l'heure de César : Causam solum non habet.

Tusoaliim ! » Et cette jeune noblesse qui forme sa cavalerie va plus loin encore : ce Vaincre César ; César vaincu, supplanter Pompée, rétablir l'aristocratie pure et le système de Sylla, c'est l'affaire d'un coup de main dans les plaines de Pharsale. i> Aussi, lorsque, dans ces plaines, César, déjà en mouvement pour se retirer devant Pompée, le voit descendre des hauteurs et comprend qu'il a cédé aux clameurs de son armée, il se juge sauvé : «c Halte-là^ dit-il, il ne s'agit plus de retraite ; nous avons désiré le combat : en voici l'occasion qui peut-être ne se retrouvera pas. i> Il donne pour mot d'ordre Vénus victorietise^ et le petit-fils de Vénus revient contre son ennemi.

Dans cette lutte , où quatre cent mille hommes combattirent, la cause de Pompée fut perdue en quelques heures. Ses élégants cavaliers, attaqués par deux cohortes auxqueUes César criait : « Frappez au visage,» ne voulant pas être défigurés, tournèrent bride, se cachant le visage dans leurs mains. Les Thraees et d'autres barbares se défendirent seuls avec courage. Pompée jeta ses insignes , monta à cheval, gagna les hauteurs, laissa son armée détruite, son camp forcé. Au milieu de ce camp jonché de cadavres : «c Us l'ont voulu, dit César ; si je n'eusse demandé secours à mon armée, moi, César, après tant de victoires , ils me condamnaient. »

Le premier cri du vainquent* fut : a Épargnez les citoyens 1 9 U brûla les lettres de Pompée de peur d'y troU' verdesmotife de vengeance*, accueillit les prisonniers avec douceur, n'imposa aux villes que des taxes pécuniaires; et quand, plus tard, les Athéniens vinrent lui demander gr&ce ; « Combien de fois encore, leur dit-il,

1. Setiec., de hrâ, II, 23. Sénèque ajoute ce joli mot : Gratiftsimum genu« yenis, nescire...

la gloire de vos ancêtres serviia-trelle d'excuse à vos lautes? »

Les vaisseaux lui manquaient, et il avait hâte de poursuivre Pompée. Avec sa cavalerie et une légion, il remonte par la Macédoine, passe le Bosphore seul dans une barque, rencontre une flotte pompéienne, lui ordonne de se rendre, et elle se rend. Il embarque quelques soldats sur ces vaisseaux, arrive, avec 3,000 hommes seulement, devant Alexandrie, qu'un fils de Pompée était venu soulever contre lui. Le bruit de sa victoire lui servait d*escorte , et il n'y avait pas de contrée où il ne se crût en sûreté ^

Pompée était allé en vain demander secours i toutes les villes ; elles lui restaient fermées. Rois et peuples désespéraient de sa cause ; les cités grecques seules résistèrent un peu. Il espéra quelque sûreté en Egypte, il avait été le tuteur et le bienfaiteur du roi Ptolémée. Mais ce petit prince, tenant conseil entre un eunuque et un rhéteur grec, sur une belle amplification de celui-ci, terminée par ce proverbe sot et cruel, renouvelé de nos jours : « Les morts ne mordent pas, » avait décidé qu'un guet-apens serait dressé à Pompée. La fin de ce Romain le relève et TennobUt : c'est au milieu des corruptions du paganisme décrépit une touchante tragédie antique. Les dernières et tristes paroles de Pompée furent deux vers de Sophocle, et, comme César après lui, aux premiers coups^ il se voila de sa toge et mourut sans un soupir. Lisez dans Plutarque cette triste scène dont Corneille lui-même n'a pas su garder toute la pureté.

César pleura quand on lui apporta la tète de son ennemi : bien des Romains souriaient à de tels cadeaux ; il

1. GonflBUB fam& rerum gesUrum^ inflrmis auxiliis proflcisci non dobiUverat^ atqae omnem sibi locum tutum fure arbitrabatur. (Gseaar^ de BeUo civ., lU, 106.)

s'indigna de cette morts ^^ honorer les restes de Pompée. Je crois à la sincérité de ces larmes; César n'était pas doué de haine, et Pompée vivant eût complété sa victoire.

César s'amusait avec le dtfniger. Les vents étésieus qui le retinrent; 40 millions dedêst: qu'il démanda à l'Egypte; le caprice de %e fairê^ au milieu dé taht dé soucis, arbitre des* querelles de palais d'Alexandrie ; l'adresse de Cléopàtre qui^ maltresse d'une ai^méè, la^ congé(iie, vient seule à^^ Alexandrie sur une barque , et sur les épaules d'un de ses amis se fait apporter àù palais' dans un paquet de bardes (tour de grisette qui enchanta César) : tout cela le jeta dans une des plus étranges crises de sa fortune. Pour les beaux yeux de Cléopàtre,' avec 3,000 homnàeà et 500 chevaux, il soutint le siège dans le j^alais contré toute l'Egypte, entre Cléopàtre, peu sincère 'ainie^ naguère ëprièe de Sextus Pompée jusqu'à ce que Séxfus Pompée là chassât du trône, et le roLPtôlémée, ihari et frère' de Cl^oj^àtre, perfide enfant qui, en quittant tësàt, {di jurait amitié et, èncbrè bai-^ gné de larmes, allait animer soa peuple contre César ; tout cela au milieu d'embûches et' de craintes d'assassinat que César n'évitait qu'en passant les nuits en festins ; tout cela contre une armée de 20,000^ hommes , presque tous réfugiés et vétérans romains ; contre la folle et perfide Alexandrie, pleine de la légèreté grecque et de la superstition égyptienne, qui assiéçe César, l'oblige à brûler ses vaisseaux, un jour même ne lui laisse de ressources que de faire deux cents pas à la nage, traînant aux dents son manteau consulaire, et de sa main gauche tenant ses papiers au-dessus ^dfesfiots (707). Des secours enfin lui arrivèrent ; il put cômlNittrè en rase campagne. Une bataille où des milliers d'Égyptiens périrent ; le pardon pour Alexandrie ; un voyage sur le Nil avec Cléopàtre, au milieu de 400 bafr-

ques, dans les délices et les festins , aux applaudissements de l'Egypte et aux murmures de son armée, terminèrent cette campagne romanesque , où un palais lui servit de place d'armes et un théâtre * de citadelle ; guerre entreprise à la façon des capitaines de la Fronde pour a plaire au cœur d'une belle et gagner ses beaux yeux. »

Mais, pendant ces neuf mois passés en Egypte^ Rome se remplissait de factions ; un fils de Mithridate se remuait dans l'Asie Mineure ; les Pompéiens se ralliaient en Afrique ; l'avarice d'un lieutenant de César soulevait l'Espagne, César courut dans le Pont contre Pharnace , le fils parricide de Mithridate; il ne le laissa pas escarmoucher longtemps ; une bataille mit Pharnace en déroute, ouvrit à César les trésors et les temples de l'Asie, lui valut des couronnes d'or de toutes les villes : « Heureux Pompée, dit-U en repartant, voilà les ennemis dont la défaite t'a valu le nom de Grand ! » Aussitôt il retourne à Rome , y remet l'ordre en quelques mois et court en Afrique.

Cette province avait toujours tenu pour Pompée ; le roi Juba y avait défait Curion ; tous les chefs pompéiens, Métellus, Scipion, Afranius, Pélréius, Labiénus, étaient là ; Caton avec son courage de fer y amenait une armée par des déserts effroyables. Ils y avaient rassemblé quatorze légions, une cavalerie nombreuse, une flotte , du blé en abondance ; ils avaient détruit le reste des récoltes, enfermé les habitants dans quelques villes^ brûlé les autres ; il semble que César ne fût pas fâché de laisser à ses ennemis le temps de se rallier, afin de les écraser d'un seul coup.

Mais, une fois en chemin, ce qu'il lui faut, c'est arriver au plus t6t, dût-il arriver seul. En partant de Sicile, il or-

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